

Servet
Michel, (Hispanich,
Sevedo,) est né en l'an 1509, à
Villanueva, une
ville d'Aragon, en Espagne. Parfois,
il se fit
appeler Reves, un mot formé par
la transposition du nom de Servedo ou
Servet,
en omettant la
terminaison. Il
reçut les rudiments de son
éducation dans un
monastère de sa
province natale, après quoi il se consacra
à l'étude de la
loi à l'université de
Toulouse, qui avait
alors
une réputation méritée,
comme un lieu d'éducation pour ceux
qui étaient
destinés à
la profession juridique. Mais ayant entendu parler
de la
sortie
de la Réforme, il se
mit à
l'étude des Saintes Ecritures,
dans la lecture desquelles
il trouva beaucoup de
choses en
contradiction avec la foi
communément reçue. Cette
découverte
eut un
tel effet puissant sur son esprit, qu'il
décida d'abandonner le
métier auquel ses
amis l'avait destiné, et se
consacra à
la diffusion des vues pures du christianisme.
Il commença ses
travaux dans le sud de la France, mais trouva que ses
efforts n'avaient
pas atteint le succès qu'il
avait prévu, en raison de
l'opposition de la prêtrise dans ce pays.
Il décida d'aller en Allemagne,
où une plus grande liberté
d'opinion était autorisée, et
où la cause de la
Réforme avait
déjà fait des progrès
considérables. Ayant
quitté Toulouse, où
il avait résidé trois
ans environ, il voyagea, en passant
par Lyon, Genève, Bâle, et en
Suisse avec l'intention d'aller
à Strasbourg à la
première
occasion. Pendant son séjour à
Bâle, il eut plusieurs débats
religieux avec Œcolampade, dans
lesquels il
argumenta contre la doctrine des deux natures en la
personne du
Christ, niant que
Jésus préexista comme le Fils
de Dieu, et
prétendit que les prophètes
Juifs, uniformément, parlaient du
Fils de Dieu dans le futur.
Une histoire sans
intérêt fut propagée
par les ennemis de Servet,
qu'il visita l'Afrique et tira ses notions
religieuses des
juifs et des turcs résidant dans ce
pays. De cette
disposition de la part de ses
contemporains, de le ranger parmi les
juifs et les mahométans, Servet en fit
allusion à plusieurs reprises dans ses
écrits.
"Certains", dit-il, (Dialog, De
Trinitate, L. II. Fol. 57), "sont
scandalisés pour
mon appel du Christ, le
prophète. Parce qu'ils ne lui
appliquent pas cette
épithète, ils croient que tous
ceux
qui font ainsi sont condamnables du judaïsme
et du
mahométisme, indépendamment du
fait que les Saintes Écritures
et les anciens écrivains l'appellent
le prophète". Il fut suggéré
que les circonstances de Servet d'être
né en Espagne peuvent avoir donné
matière à la rumeur qui
précède, puisque ce pays,
outre qu'il contient de nombreuses
personnes de persuasion juive, il se
trouve directement en face
de la côte d'Afrique,
où le mahométisme est
la religion
dominante. Il semble plus probable que l'accusation du
départ pour la
perversion des passages provenant des propres
écrits de Servet, dans
lesquels il fit
allusion familièrement aux
Talmud et Coran, parlent de
la doctrine de la Trinité comme
offrant matière
à dérision pour les
adeptes de Mahomet, et dit que les
juifs ridiculisent la
folie des chrétiens pour leur croyance
en ce dogme, et sont
empêchés par de tels
blasphèmes de
reconnaître Jésus comme le
Messie promis dans leur loi.
Servet quitta Bâle en 1530
ou 1531,
car il constata que les doctrines
qu'il enseignait n'étaient
pas plus acceptables pour les protestants de
cette ville que pour
les catholiques dans le Sud de la
France. De Bâle, il
alla à Strasbourg, où il
rechercha un entretien avec Bucer et Capito, qui
résidaient alors dans cette ville. Capito,
si l'on peut en juger
par le silence des écrivains
qui firent allusion à cet
entretien, ne vit que peu ou rien à
blâmer dans les opinions de Servet, mais Bucer
semble, d'après un
passage dans une des lettres de Calvin,
avoir été
complètement frappé d'horreur
quand il les
entendit, et déclara
publiquement, que l'homme qui peut
tenir de tels avis mérite
d'avoir ses
entrailles arrachés et
d'être déchiré membre par
membre. Le séjour de Servet à
Strasbourg fut court. Comme ses
occupations habituelles étaient
entièrement de nature
littéraire, et qu'il n'avait
aucune connaissance de la
langue allemande, il fut incapable de se
procurer un moyen de
subsistance dans cette ville, la quitta
dès que possible et
revint à Lyon.
Avant cette époque,
il fut un peu surveillé dans la diffusion de ses opinions,
car il déclara à
plusieurs reprises, dans ses lettres de supplication au
sénat de Genève, que
ses discussions religieuses en Allemagne étaient
entièrement faites avec Gicolampadius,
Bucer et Capito. Si, toutefois,
nous voulons donner du crédit à Zeltner, Spanheim et Bèze, il
fut activement employé à diffuser ses sentiments
en France, dès les années
1523. Mais à cette époque il était un
garçon de quatorze ans, et c'est à peine
croyable qu'il avait dû commencer la fonction de
réformateur si tôt à cette
période de sa vie. Bullinger
fixe le
moment de sa première apparition, comme un adversaire
déclaré de la doctrine de
la Trinité, cinq ans plus tard: mais il semble qu'il soit
tombé dans une
erreur, pour le travail de Servet
"De
Trinitatis Erroribus" qui ne fut pas publié avant 1531,
avant laquelle
période, tout ce qu'il avança sur le sujet
était, d'une manière ou d'une autre,
à partir de conversations privées, ou par
correspondance avec des hommes de
lettres. Quand il était sur le point de quitter
Bâle, il remit le travail
mentionné ci-dessus dans les mains de Conrad Rouss,
un imprimeur, avec l'idée de sa publication: mais Rouss,
n'étant pas en mesure
d'échapper à la vigilance du clergé
suisse, envoya le manuscrit à Haguenau
en Alsace, où il fut imprimé sous la surveillance
immédiate de son auteur, qui
partit de Strasbourg à cette fin. Il trouva une
vente facile, et fut lu et
approuvé par de nombreuses personnes, en particulier en
Allemagne. La
majorité des chrétiens, cependant, comme on
pouvait le prévoir, se rejoignirent
pour le condamner. Les leaders parmi le parti
réformé en Suisse craignirent
que son apparition puisse porter préjudice à la
cause de Luther et de ses
associés, dans les yeux du monde
chrétien. Œcolampade,
dans une lettre adressée à Bucer et
écrite le 5 août 1531, déclare: "J'ai
vu nos amis bernois, cette semaine, qui désirent se rappeler
à vous et à Capito.
Le traité "De Trinitatis Erroribus", qui a
été vu seulement par
certains d'entre eux, donna une très grande offense. Je
souhaite que vous
écriviez, et Luther dit, que le livre soit
imprimé en dehors de ce pays, et
qu'il reste inconnu de nous. Car, de dire pour
le moins, c'est une chose insolente
d'accuser les luthériens d'ignorance sur le sujet de la
Justification.
Mais ce photinien,
ou tout autre nom que nous pouvons l'appeler, s'imagine que personne ne
sait
rien, sauf lui-même. S'il n'est pas
désavoué par les théologiens de notre
église, nous irons vers une très mauvaise
réputation. Je vous en supplie
surtout d'être vigilant, et si vous ne le faites nulle part
ailleurs, au moins de
donner nos excuses pour nos Eglises dans votre réfutation
adressée à l'Empereur,
que cette bête ait pu se glisser parmi nous. Il
pervertit tout pour
satisfaire son propre dessein, simplement pour éviter la
confession, que le Fils
est coéternel et consubstantiel au Père, et c'est
lui qui entreprit de prouver
que le l'homme Christ est le Fils de Dieu". Le livre de Servet fut
supprimé, en 1532, à Ratisbonne, et
Œcolampade,
en conformité avec les souhaits des Magistrats de
Bâle, le dénonça publiquement
comme étant un travail pernicieux, lors d'un discours
prononcé en présence du
sénat. Il écrivit également deux
lettres à Servet
lui-même, dans lesquelles il répondit aux
arguments contenus dans son
livre, et l'exhorta à renoncer à ses
prétendues erreurs. Servet
commença alors à soupçonner que
l'esprit des
hommes n'étaient pas encore préparés
à une divulgation complète de la
vérité et
afin de dissiper le ferment qu'il
avait excité publia, à Haguenau, en
1532, "Deux Dialogues sur la
Trinité", dans lesquels il s'efforça d'adoucir
quelques-unes des
expressions qu'il avait utilisées dans son premier travail.
Au début de ces
dialogues, dit-il, "Je me rétracte de tout ce que j'ai
écrit dernièrement
contre la doctrine reçue de la Trinité, non pas
parce qu'elle est fausse, mais
parce qu'elle est imparfaite, et composée par un enfant pour
l'usage d'enfants.
Que mon premier livre soit allé dans un monde si barbare,
confus et incorrect,
doit être attribué à mon
inexpérience, et à l'insouciance de mon
imprimeur".
Mais les tentatives de Servet
pour rectifier les
erreurs, améliorer le style, et élucider les
arguments de sa première
publication, tendaient uniquement à exaspérer et
à enflammer les esprits de ses
adversaires ; et les passages qui ne sont pas rares dans les
écrits théologiques
de ses contemporains, pour lesquels ils pestèrent avec
beaucoup d'amertume
contre lui et ses doctrines. Les protestants de cette époque
semblaient être
saisis d'une pieuse horreur, à l'idée de
soumettre la doctrine de la
Trinité à l'épreuve de
l'argumentation, et pour Servet
qui avait non seulement fait cela, mais qui le fit avec un esprit
audacieux et
intransigeant, ils ramenèrent sur lui tout le poids de leur
vengeance Ils
craignirent que l'agitation de cette question soit
préjudiciable à la
cause de la Réforme dans les yeux de leurs frères
catholiques et travaillèrent,
de toutes leurs forces, pour faire taire ceux qui avaient eu la
témérité de
transgresser les limites prescrites de l'orthodoxie trinitaire. Mais
les plus
perspicaces d'entre eux prévirent, qu'en dépit de
tous les efforts qui avaient
été faits pour mettre à bas Servet, que la
grande controverse qu'il avait fait naître, un jour ou
l'autre embrouillerait
le monde chrétien dans des conflits, dont il
était impossible de prédire
l'issue. Melanchthon,
écrivant à Camerarius
sur ce sujet, le 25 février 1533, s'exprima
dans les termes suivants. "Vous me demandez mon avis sur Servet. Je le
trouve assez pointu et rusé dans
l'argumentation, mais je ne peux pas lui donner l'éloge de
la solidité. Il
me semble qu'il travail dans une confusion d'idées, et ne
possède pas de
notions très claires de la question sur laquelle il
traite. Sur la
question de la justification, avec
évidence il s'aventura au delà de sa
profondeur. En ce qui concerne la Trinité,
vous savez que j'ai
toujours eu une appréhension que ces choses tôt ou
tard éclatent. Bon
Dieu! Quelles tragédies cette question excitera
parmi la postérité, si le
Logos est une hypostase, et si le Saint-Esprit est une hypostase
? Je me
satisfaits avec ces paroles des Saintes Ecritures, qui nous commandent
d'invoquer le Christ, qui est de lui attribuer l'honneur de la
divinité, et qui
sont pleines de consolation".
Servet
resta à Lyon entre deux et
trois ans, et semble avoir pourvu à sa
vie en tant que
correcteur de presse. De Lyon il
alla à Paris, où il
prit la profession de Médecin, et pour
laquelle il se consacra avec
une telle assiduité, sous la direction de Silvius, Fernel et
d'autres éminents professeurs,
qu'il lui fut permis très vite de
prendre son
doctorat. C'est pendant son séjour
à Paris, qu'il commença à
être connu personnellement de Calvin, avec
qu'il eut hâte de tenir un
débat religieux: mais son
désir fut
probablement annulé par le conseil de
ses amis et la discussion n'eut
jamais lieu. Ce fut en
l'an 1534. Il semble,
cependant, qu'il retourna à
Lyon l'année
suivante, où il
fut employé à
superviser la publication d'une édition de
la "Géographie
de Ptolémée". Dans la préface
de cet ouvrage,
il dit
qu'il visita l'Italie et se familiarisa avec la
langue italienne. Ce
voyage en Italie fut
totalement négligé
par beaucoup de ses
biographes, et n'est même pas
mentionné par De la
Roche, dont son récit sur lui est dans
l'ensemble élaboré avec
une grande précision. Servet lui-même fit
allusion à celui-ci, non
seulement dans la
préface de son
édition de Ptolémée, comme
cela
a déjà
été observé, et dans
sa "Restitution
du Christianisme", où il
dit qu'il "vit de ses propres yeux, dans les
rues de
Rome,
le Pape se tenant aux cou des Princes, et
recevant
l'hommage de tous les gens sur
leurs genoux à terre". Selon
Calvin, ce voyage en Italie eut lieu
dans l'année
du
décès de Servet. Mais
c'est
évidemment une erreur. Il doit y
être allé dès
l'année 1535. L'opinion la
plus probable est que cela se
produisit dans le début
de 1530, quand, dans la
robe d'un Moine dominicain, on dit qu'il fut
témoin du
sacre de Charles V.
En 1537, il donna au
monde son premier
traité médical, intitulé
"Ratio Syruporum", sous le nom
de Michael Villanovanus. De ce
traité Anthony Van
der Linden, l'auteur d'un
ouvrage "De Medicis Scriptis", en
parle dans les
meilleurs termes, congratulant son
auteur "Galeni interpres doctissimus, et Medicus
excellentissimus".
A cette époque,
aucune notification ne fut prise, par Luther, sur
les écrits de Servet contre
la
doctrine de la Trinité. Même
quand il professa d'avoir traité sur
ce sujet, il maintint le silence le plus profond sur Servet: pas plus
qu'il ne fit la plus
distante allusion sur lui dans son
commentaire sur l'Evangile
de Jean, où il n'épargna pas les
hérésies ni
les hérétiques. A
la longue cependant, il fit mention de lui dans
les années 1539, et le classa,
avec Campanus, parmi
les ennemis de l'Evangile. Différentes
raisons furent attribuées pour le
silence de Luther sur ce sujet,
qui semble au moins appeler une
certaine notification sans
conséquence. Son propre esprit, il
fut supposé, était
encore vacillant. Son silence fut
également attribué à un
sentiment de mépris pour Servet. Mais la
solution la plus naturelle pour la
difficulté semble être que
Luther fut empêché de
s'aventurer dans un sujet aussi délicat,
par les conseils de son ami Melanchthon,
de peur qu'il soit un moyen de hâter cette
grande controverse, ce que
ce dernier redoutait tant rencontrer, et dont
il s'attendait
qu'elle puisse être l'occasion de nombreuses
persécutions et massacres. La mort,
cependant, était jetée. Les
écrits controversés de Servet étaient
déjà diffusés un peu
partout, et la prudence qui avait dicté le
silence auparavant, semblait
maintenant appeler une active interférence.
La même
année qui vit l'attaque de
Luther sur Campanus et
Servet, produisit
une attaque
similaire sous la plume de Melanchthon, qui
écrivit au sénat de
Venise une lettre de plainte au sujet du travail "De
Trinitatis
Erroribus" de Servet
largement
diffusé dans cette partie de l'Italie,
et dans laquelle il le dénonçait
comme le livre le
plus hérétique et dangereux. De
l'étude
de ce livre, il n'est pas improbable que Lélio Socin,
le père des unitaires italiens,
reçut ses
premières impressions sur le caractère
erroné de la doctrine
de la Trinité. De ceci,
cependant, nous aurons
probablement l'occasion d'en
dire plus par la suite.
Dans l'année 1540, Servet pratiqua comme
Médecin à Charlieu, une ville
dans le sud de la France, et deux ou trois ans plus tard on le retrouve
à
Vienne, surveillant la publication d'une édition en folios
de la Bible Pagnini. Cette
Bible fut imprimée par Hugues
de la Porte à
Lyon, et porte le titre suivant, "Biblia Sacra ex Sanctis
Pagnini Translatione,
sed ad Hebraicae Linguae ainussim ita recognita, et Scholiis
illustrata, ut
plane nova Editio videri possit". Servet
écrivit une préface pour elle et y ajouta
quelques notes. Calvin dit qu'elles
sont des notes impertinentes et impies, et il dit aussi que Servet obtint la somme de
cinq cents livres pour les
écrire. Servet
supposa, comme il ressort de la
préface, que toutes les prophéties de l'Ancien
Testament, qui sont généralement
considérées pour se rapporter au Christ,
s'accomplirent littéralement sur une
autre personne, et lui furent appliquées uniquement dans un
sens figuré ou
spirituel. Ses notes sont principalement trouvées
dans les Psaumes et les
livres des Prophètes, mais elles existent aussi un peu dans
les livres
historiques. Ces dernières donnent
généralement une explication plus
claire des mots en hébreu, et parfois, quoique
très rarement, contiennent des
remarques historiques. Ce n'est pas jusqu'au moment
où il arrivait aux
Psaumes, qu'il commença à développer
ses idées sur les passages,
généralement qui
s'appliquent à Jésus-Christ. Le
deuxième psaume, il dit, traite de la
libération de David de ses ennemis. ("Ad diem
Resurrectionis Christi
vocem 'hodie' [v. 7] refert Paulus, sicut in die qua evasit ab hoste,
dicitur
David hodie natus, et hodie denuo factus Rex").
Il explique le vingt-deuxième pour la fuite de David
sur les rochers et précipices, qui
lacéraient ses mains et ses
pieds. ("Fugiente Davide per abrupta instar quadrupedis, manus
ejus
et pedes perforabantur. Unde et Hebraei legunt 'quasi Leonis manus meae
et
pedes mei.'" Ps. xxii. 16).
La
prophétie d'Isaïe VII. verset 14, il
l'applique à la naissance
d'Ezéchias. ("Ostendit ad literam ipsam Abiam
praesentem et parituram
Ezechiam").
Il fait aussi une application similaire du mot
"Emmanuel", dans Isaïe VIII. 10. ("Quia
nobiscum
Dens.—Quia 'Immanuel,' id est quia Deus est cum Ezechia
contra Assyrios").
Ces notes donnèrent une
grande offense, à la fois aux protestants et
les catholiques,
et l'édition se
retrouva condamnée dans l'index
expurgatoire de Quiroga
et Sottomaior. Pourtant, les
protestants et les
catholiques de grande
éminence adoptèrent le même
principe d'interprétation. Grotius soutint
que les prédictions
d'Isaïe sont liées, dans leur
sens littéral
et primaire, à
l'époque et aux circonstances du peuple Juif,
mais qu'elles concernaient le
Messie dans un sens secondaire et
allégorique. Simon
préconisa la même
opinion. Mais le Père Baltus,
jésuite, dénonça cela
pour être un mode de présentation
socinien des
prophéties. Nous sommes
néanmoins redevable au Dr George Benson, un
savant écrivain
unitarien du siècle dernier, pour l'un
des plus
habiles traités jamais publiés
sur l'autre côté de la
question. (Un essai sur l'unité de sens ;
pour montrer qu'aucun
texte de l'Écriture n'a plus
d'un seul sens.- Cet essai
précéda
la paraphrase du Dr Benson sur les
épîtres de Paul, et
ensuite reproduit dans le 4ème volume
du traité
théologique de Watson,
pp 481-513). Après
avoir répondu à tous les
arguments allégués en faveur
d'un double sens, le Dr B. arrive à la
conclusion, "qu'aucun
texte de l'Écriture n'a plus d'un
sens" et, ce qui
est peut-être encore plus remarquable, le
Dr J.
Pye Smith, la plus haute
autorité parmi les
calvinistes anglais de nos jours, adopte le
même principe d'interprétation,
dont Calvin
lui-même présuma être
l'une des plus grandes aggravations
de l'offense de Servet envers
l'orthodoxie. (Le témoignage des Ecritures
pour le
Messie, & c, par Jean
Pye Smith, DD, 2ème
Ed. Paris, 1829, Vol I. Livre II
CH IV section XIX.;
Volume II du
livre III Chap I. p.
23, 24).
"Il est bien
connu", explique Allwoerden, "que
Calvin, dans ses accusations contre Servet,
incluait son édition de la
Bible Pagnini, et en
particulier son annotation sur
Isaïe LIII." (Hist. Mich Serveti,
p. 167.) Ce qui
suit est le passage auquel une allusion
est faite
ici. "Quis credidit auditui nostro, &c.
Incredibilis res de
Cyro, et magnum etiam mysterium, quod sub humilibus Historiae typis
lateant
Christi arcana sublimia. Ibidem. Vulneratm est propter
prarvaricationes
nostras. Quasi exigentibus populi peccatis interfectum Cyrum
deflet
Propheta, eo quod postea sub Cambyse multo deterius habuerint, impedita
tunc et
diruta Templi sedificatione jam inchoata, Daniel ix. Fuitque haec a Deo
data
occasio praedicandi passionem Christi, cui soli convenit horum verborum
sublimitas et Veritas".
Peu de temps
après Servet commença
à pratiquer en tant que Médecin, il
rencontra son ancien ami et élève, Pierre Palmier,
Archevêque de Vienne, qui l'encouragea fortement à
s'installer à cet endroit,
et lui offrit un appartement dans sa propre maison. Cette proposition, Servet se sentit
obligé de l'accepter, et ici, il
continua à vivre, dans les bonnes pratiques et aux
conditions les plus amicales
avec son patron, jusqu'à ce que son repos soit interrompu
par les machinations
de son ennemi juré. Ce ne fut qu'au bout d'une
période de treize ans,
passée dans la plus grande harmonie en
société, et sous le toit d'un prélat
catholique, que Calvin put mûrir le plan qu'il avait
formé pour la destruction
de Servet. "Calvin", explique Daniel Chamier, du Dauphiné,
"non seulement
professait une croyance en la doctrine de la Trinité et la
défendait avec la
plus grande constance, tandis que les papistes étaient
endormis, avec lesquels,
aussi longtemps que Servet vécut, il
vivait en sécurité:
mais aussi longtemps que Calvin sentit la force de la
vérité, et quand il vint
à Genève, il fut visité avec une
sévérité sainte par les Magistrats de
cette
ville pieuse". Calvin entretint une longue correspondance avec
lui,
et s'efforça, comme il le dit dans son "Expositio Fidelis",
pendant
l'espace de seize ans, de lui réclamer ses erreurs, et Servet
consulta Calvin sur plusieurs points, et lui envoya les trois questions
suivantes,
pour lesquelles il demanda de nombreuses réponses
distinctes. "I. An
homo Jesus crucifixus sit Filius Dei; et quae sit hujus filiationis
ratio? II.
An Regnum Christi sit in hominibus; quando quis ingrediatur, et quando
regeneretur? III. An Baptismus Christi debeat in fide fieri, sicut
Coena; et
quorsum hac instituta sint fcedere novo?" A ces questions
Calvin
répondit, comme il lui fut demandé de faire, mais
Servet
ne fut pas satisfait de ses réponses, et dans une lettre
subséquente signifia
les raisons de son désaccord avec lui de ce qu'il
pensait. Ceci excita un
mécontentement sévère de Calvin, qui
n'était pas habitué à avoir sa dicta
contestée. En conséquence, il
écrivit, comme il l'admet, une réponse sous
la colère à Servet, et Servet
se défendit avec un esprit et une manière quelque
peu immodérés. A partir
de ce moment, Calvin, commença à avoir une
aversion pour lui, et du côté de Servet, ce dernier s'exhala
souvent en imprécations
amères. Mais Calvin, dont la douceur, parmi les
bonnes qualités chrétiennes,
n'était pas visible, remboursa les abus de Servet
avec intérêt.
Bolsec nous informe qu'aussi
loin que sept ans
avant la mort de Servet, Calvin
déclara dans une
lettre à Pierre Viret, que si jamais il venait
à
Genève, il ne lui serait pas permis d'en repartir vivant, et
Varillas affirme, qu'il
existe à Paris une lettre
originale de Calvin à Farel, écrite en
1546, qui
n'a jamais été imprimée, et que ces
mots se trouvent en elle. "Servet, ces derniers temps m'a
écrit et envoyé en même
temps un grand livre, truffé de chimères et plein
d'arrogance. Il dit que je
trouverai en lui des choses admirables, et telles qu'elles sont
restées
jusque-là inconnues. Il offre de venir ici, si je
les apprécie: mais je
n'engagerai pas ma parole, car s'il vient, et qu'il n'a aucun
égard pour mon
autorité, je ne lui permettrait pas d'échapper
pour sa vie".
Grotius fit
allusion à cette lettre, comme
étant à Paris, en écriture
dans la main de
Calvin. ("Extat ipsius Lutetias manus"). La
raison pour laquelle il écrivit fut la
détermination
de Servet à
publier un troisième ouvrage contre
la Trinité. En l'an 1546, il
envoya à Calvin une copie
manuscrite de ce travail, lui demandant de
donner son opinion
quant à ses mérites. Il fut
supposé que ce manuscrit contenait
le projet initial de la "Restitution
du Christianisme". Mais
Calvin était tellement irrité
de la liberté que Servet avait prise
dans certaines de ses
remarques, et qu'ensuite il
apostropha
contre lui avec la plus grande amertume, et en
vint, comme nous
l'avons vu ci-dessus, à comploter sa
destruction avec une volonté
délibérée.
Cette
détermination ne pouvait
pas être mise en
pratique immédiatement,
pas plus que peut-être Calvin était en
mesure de la mettre à exécution, lequel
n'avait pas Servet
sous la main, pour
son zèle pour la vérité
et son indignation contre les
erreurs, et qui s'aventurait à publier la
"Restitution du
Christianisme". Son but
avoué dans la composition de ce
livre était de ramener le monde
chrétien à ce qu'il croyait
être la norme première
de la foi, et c'est pour
cette raison qu'il est intitulé la
"Restauration du Christianisme". Il
se compose de sept parties. Les première
et dernière d'entre
elles sont particulièrement consacrées
à la doctrine de la Trinité,
et la cinquième contient une
série de trente lettres
adressées à Calvin sur des
sujets doctrinaux. Aucun nom d'un
auteur n'est donné dans la page du titre,
mais M. S. V., les
premières lettres de Michel Servet Villanovanus, sont
placées, avec la date, [1553], à
la fin des travaux. Il n'était
pas encore publié, que
les efforts les plus énergiques furent
faits, tant par les catholiques que les protestants,
pour le
supprimer avec pour
résultat, que
pas plus de deux copies sont connues
maintenant. Un fac-similé de
celui-ci fut publié en 1791, mais des
copies sont presque
aussi rares à rencontrer que l'original.
Il y avait dans
la "Restitution du Christianisme" la promulgation
de Servet sur sa
découverte de
la circulation du
sang. Cette découverte, il la
déploie magnifiquement dans un passage,
qui est trop long pour
être transféré
à la présente
esquisse biographique, et à
partir de laquelle, par conséquent, le raccourci
suivant et les extraits
nécessairement imparfaits sont pris. "Cor
est primum vivens,
fons caloris, in medio corpore. Ab hepate sumit liquorem vitse, quasi
materiam
et eum vice versa vivificat." "Vitalis spiritus in sinistro cordis
ventriculo suam originem habet, juvantibus maxime pulmonibus ad ipsius
generationem." "Ille itaque spiritus vitalis a sinistro cordis
ventriculo, in arterias totius corporis deinde transfunditur".
Calvin,
qui était toujours à
l'affût de quelque chose qui
pourrait incriminer Servet, dit
bientôt, que ce travail fut
écrit par lui,
et utilisa l'assistance d'un Guillaume de Trie,
originaire de Lyon,
lequel, à cette
époque, résidait à
Genève, qui fut la raison que Servet soit
appréhendé et jeté en
prison, sous l'accusation
d'hérésie. Certains des amis et
disciples de Calvin tentèrent de le
libérer de cette
imputation odieuse, et l'a lui-même
représenté comme une
calomnie: mais le fait que Servet fut
emprisonné sous l'instigation de
Calvin seulement est trop
bien établi pour admettre des
différends. Des preuves
abondantes de cela peuvent être
trouvées dans les comptes De
la Roche, Allwoerden, Mosheim, Bock et Trechsel.
Servet
adopta le nom de Villanovanus au
moins vingt ans avant la publication de
sa "Restitution du Christianisme", et
il n'était guère connu que Villanovanus et
Servet étaient
la même personne, jusqu'à ce
que Calvin, avec un caractère malin
et étudié, écrivit
à
ses amis pour les informer, que "Servet est tapi en
France sous un faux nom". Afin de
prouver cette
identité, Guillaume de
Trie reçut de Calvin certaines
des lettres originales de Servet,
qui furent transmises à Vienne,
et les preuves fournies
par elles étant concluantes, Servet fut
appréhendé et incarcéré sans
délai. Mais ayant si
longtemps, et avec une bonne réputation exercé sa
profession de Médecin dans
cette ville, M. De
la Cour, le vice
Huissier et Juge du Dauphiné,
donna des ordres à son
geôlier de le traiter
avec bonté, et de
permettre à tous
ses amis qui désiraient le rencontrer
d'avoir accès auprès
de lui. Après
avoir subi trois examens distincts, dont
dans le dernier il
reconnut lui-même être l'auteur des
lettres à Calvin, il se rendit
compte que sa vie était en danger,
et trouva une bonne
occasion de faire
son évasion. Son
intention était
maintenant de s'installer comme Médecin
à Naples, où son
compatriote, le seigneur Jean Valdés, avait
déjà semé les
graines de la Réforme. Mais il fut induit,
par une
fatalité étrange, d'aller par
chemin à Genève. Calvin,
qui avait entendu parler de son
évasion de Vienne et de la
probabilité de son passage à
Genève sur son chemin pour l'Italie,
le guettait et fit en sorte qu'il soit
appréhendé peu après son
arrivée.
Il entra à
Genève à pied, après
avoir marché à partir
d'un endroit
appelé Le Luyset,
où il avait passé la nuit
précédente,
et sans doute pensa que de faire le chemin
à pied attirerait
moins l'attention, qu'une
personne voyageant à cheval
ou en calèche. Il prit sa demeure
pour la journée à
l'auberge de Rose, et qu'il est censé
avoir loué un bateau le
lendemain, pour voyager vers Zurich. Mais
Calvin ayant appris qu'il
était dans la ville, le chef du
syndic prit connaissance de
ce fait, et fit qu'il soit
appréhendé et incarcéré. Le
jour
du mois où ceci se passa reste incertain,
mais un rapport
obtenu à l'étranger, dit que
c'était le jour du Seigneur, et
que Servet fut
appréhendé à
l'église, pendant le temps du
sermon. Il semble, cependant, à
partir de son propre aveu, qu'il ne quitta
pas son
auberge, de peur d'être reconnu.
Les lois de
Genève interdisent que quiconque soit
emprisonné, à moins que
son accusateur le soit avec lui. Calvin, par
conséquent, décida
que Nicolas de
la Fontaine, un
natif de l'Ile de France, le remplace. La relation
que cet homme entretenait avec
Calvin n'a jamais été clairement
établie. Certains dirent
qu'il était
cuisinier dans la famille d'un
gentilhomme. D'autres sont d'avis
qu'il était le cuisinier de
Calvin. De
la Roche dit qu'il réunissait, en
sa propre personne, les deux personnages, d'un
étudiant et
d'un domestique. Mais quelle
fut la relation
précise qu'il entretenait avec
Calvin, il
est évident, d'après une supplique
que Servet présenta aux
Magistrats de Genève, que
Calvin était, en quelque
sorte, son
maître.
Cet homme, le
14 août 1553, porta
une accusation formelle contre Servet, ne
comprenant pas moins de
trente-huit chefs d'accusation distincts, et dont
pour chacun il
exhorta que le Sénat demande une
réponse distincte. Le 37ème dit,
que Servet, dans
un livre
imprimé, avait diffamé la
doctrine
prêchée par Calvin, et l'avait
décriée et calomniée par
tous les
moyens possibles,
contrairement à un décret,
adopté le
9 Novembre de l'année
précédente, qui avait
prononcé cette
doctrine sacrée et
inviolable. Lorsque Servet avait
brièvement répondu aux
accusations exposées contre
lui, son accusateur produisit une
copie de la "Restitution du Christianisme",
et même le travail en manuscrit,
qu'avait envoyé Servet à
Calvin, environ six ans
auparavant, et pour lequel une allusion a
déjà été faite. De
ces deux Servet
reconnut en être
l'auteur. Ce même homme, alors, déposa
devant le sénat les
copies de la "Géographie de
Ptolémée" et de "la Bible Pagnini",
qui avaient
été éditées
par Servet,
et exigea, s'il était bien l'auteur
des notes contenues dans
ces deux œuvres: ce à quoi Servet
répondit par l'affirmatif. L'accusateur et
l'accusé furent
ensuite renvoyés à la prison,
mais le premier fut libéré le
quatrième jour, le propre frère
de Calvin donnant une
caution pour sa comparution, chaque fois qu'il serait
appelé par
les autorités compétentes.
Le
15 août, (qui était
le deuxième jour de l'examen
préliminaire), Servet fut
à nouveau conduit à la
barre, et encore répondit aux
demandes de renseignements de
son accusateur, répondant à
certaines par l'affirmatif et à d'autres
par le négatif, comme le jour
précédent.
Le troisième
jour, (16 août) La Fontaine
entra au tribunal, accompagné de
M. Germain Colladon,
et des
passages furent produits à
partir des écrits de Servet, en confirmation des
accusations qui lui
étaient reprochées. Mais quand
ils virent les onze
premiers articles, le tribunal ajourna au
lendemain. Dans le même temps La Fontaine
présenta une pétition aux
Juges, dans laquelle il exhorta de demander à Servet une
réponse distincte et
catégorique pour chaque article de
façon séparée,
et demanda, si,
après examen, ils
étaient satisfaits de sa
culpabilité, et pensaient qu'il soit
convenable de le poursuivre par
leur Procureur, qu'ils puissent
faire une déclaration à cet effet.
Le
lendemain, (17 août) La Fontaine
et Colladon firent
référence à deux lettres
de Œcolampade et à deux
passages dans les écrits
de Melanchthon, dans le but de
prouver que Servet avait
été
condamné en Allemagne, à quoi
il répondit
qu'Œcolampade et Melanchthon avaient
en effet écrit contre lui, mais qu'aucune
condamnation définitive
n'avait
été prononcée. Pour le
troisième article, un
passage fut produit à partir de la préface de la
"Géographie de
Ptolémée" de Servet,
contenant une calomnie
présumée contre Moïse, selon la
fertilité de la Palestine, et d'autres
passages de ses Notes
sur Isaïe VII, VIII,
et LIII. Pour le sixième article,
des passages furent cités de
la "Restitution du Christianisme" (fol. 22
à 36,) dans lequel il appelle la
Trinité un Cerbère, un
rêve de Saint Augustin, une
invention du Diable et des croyants
dans le Trithéisme. Le
même jour, ses accusateurs
rapportèrent plusieurs passages
de ses livres imprimés
et manuscrits, contenant des
expressions présumées hérétiques,
et pour le trente-septième
article, ils produisirent une
lettre manuscrite de Servet à M.
Abel Pépin,
un Ministre de Genève,
écrite plus de six ans avant son
arrestation, et une copie des "Institutions" Calvin,
dont
la marge de celle-ci était couverte des
notes de la main propre de Servet. Pour de
tels articles, il apparut pour
lui d'exiger une demande spéciale, il
répondit, et le même
jour il admit que
son imprimeur avait
envoyé plusieurs
copies de la "Restitution du Christianisme" de
Francfort.
Le
21 août, ses accusateurs produisirent en
justice une
lettre de Balthasar Arnollet,
l'imprimeur de la "Restitution du Christianisme".
Cette lettre
fut écrite le 14 Juillet
précédent et adressée
à Jacques Bertet
de
Châtillon. L'auteur informe son
ami, que Guéroult,
qui avait
corrigé l'édition, quand les
travaux ci-dessus furent
imprimés, lui cacha les
erreurs qu'elle contenait, et même exprima
le souhait de la
traduire en français. Arnollet demanda
à Bertet d'aller
à Francfort, d'arrêter
la vente des exemplaires qui se
trouvaient là, et les amener
pour être détruits. Quand
cette lettre fut lue, Calvin entra dans la
cour, en présence de
tous les Ministres de Genève, et
après une longue discussion
avec Servet,
sur les opinions des
Pères, lui et
ses frères Ministres se
retirèrent. Calvin apporta
avec lui des copies des écrits de Tertullien et
Irénée, et
les épîtres de Ignace, dont
l'usage, après qu'il quitta le
tribunal, fut autorisé à Servet. Il
fut également fourni à
l'accusé une plume, de l'encre et du
papier, qu'il puisse rédiger une requête,
qu'il présenta à ses
juges le lendemain.
Le
23 août, Servet fut amené
à la barre, et interrogé
par le Procureur Général, qui
exposa une
trentaine de nouveau articles à son
encontre, principalement sur son
histoire personnelle.
Le 28 du même
mois, le lieutenant apporta trente-huit articles,
pour lesquels il
désirait que le détenu soit
entendu. Ces articles furent joins à
un long préambule du Procureur
Général, dont le
motif était
de montrer, que Servet devait
être mis à mort.
Le dernier
jour du mois d'août, le syndic et
le conseil de Genève ont
reçu une lettre du vice
Huissier et du Procureur du Roi
à Vienne, en date du 26 de ce
même mois, les remerciant de
leur vigilance pour l'arrestation de Servet
et de le détenir comme leur
prisonnier, mais leur demandant
de le renvoyer à Vienne,
afin qu'ils puissent mettre à
exécution leur peine contre
lui. Cette journée fut
principalement employée à
interroger Servet sur
les questions découlant de l'objet de cette
lettre.
Le 1er septembre,
on lui demanda de mentionner les noms de ceux
qui étaient endettés
envers lui en France, mais il refusa. Le
même jour, Calvin fit
à nouveau son apparition devant la cour, et les
Juges lui demandèrent
d'extraire plusieurs propositions, mot pour
mot, du livre
de Servet,
ce à quoi Servet fut obligé
de retourner une
réponse écrite en latin.
La fois suivante
que Servet fut amené
devant ses Juges,
ce fut le 15 septembre, et ce jour-là une
réponse, que Calvin
avait établie pendant la quinzaine, lui
fut livrée. Cette
réponse est composée avec grand
art, et fait honneur au grand talent
et à l'ingéniosité de
Calvin. Servet,
cependant, ne prit aucune notification de celle-ci,
faisant que plusieurs brèves
remarques entrelignes, expressives, car la plupart du
temps, il
éprouvait pour son auteur un
mépris extrême. Dans l'une
de ces notes, il dit, "pour une
cause si juste
je suis ferme et je n'ai pas la moindre
crainte de la mort".
Le Conseil ayant
demandé l'avis des cantons de Zurich, Berne, Bâle,
et Schaffhouse, les Magistrats
de chacun de ces cantons envoyèrent une réponse
écrite, dans laquelle ils
recommandèrent qu'un exemple sévère
soit fait pour Servet,
afin de dissuader d'autres de faire la propagation
d'hérésies similaires
et dangereuses. La lettre de Bâle fut
rédigée en dernier, et portait la
date du 12 Octobre, mais il ne semble pas que les membres du Conseil
aient pris
leur décision quant à la nature de la punition de
Servet,
avant le 23 de ce mois. Il fut enfin condamné, le
26 octobre, à être brûlé
à mort devant un feu lent, et ce jour-là Calvin
(Ep. 161) écrivit à son ami
Farel de Neufchâtel comme suit. "Le messager est
revenu de Suisse.
Ils sont tous d'un commun accord pour déclarer que Servet
a ravivé les erreurs impies, avec lesquelles Satan
auparavant perturba l'Eglise,
et qu'il est un monstre qui ne peut pas être
supporté. Ceux de Bâle sont
discrets. Ceux de Zurich sont les plus ardents de tous, car
ils décrivent
en termes emphatiques l'atrocité de son
impiété, et exhortent notre Sénat
d'utiliser la sévérité. Ceux de
Schaffhouse approuvent. La lettre des Ministres
Bernois, dont aussi il est supposé, était
accompagnée d'une du Sénat, par laquelle
nos Magistrats n'ont pas
été encouragés qu'un
peu. César, qui est un comique, après avoir feint
la maladie pendant trois
jours, est entré dans la cour après longtemps,
afin d'y acquitter ce misérable,
car il n'a pas eu honte de proposer, que la question soit
renvoyée devant
le Conseil des Deux Cents. Il fut condamné, cependant, sans
contestation. Son
exécution aura lieu demain. Nous avons essayé de
changer le genre de sa mort,
mais en vain. Pourquoi nous avons
échoué, je vous le dirai quand je vous
verrai". La personne appelée "César", dans
l'extrait ci-dessus,
était Amadeus
Gorreus ou Perrin,
l'un des Magistrats de Genève, qui souhaitait lier une
amitié
avec Servet, en
collaboration avec quelques
autres membres du Sénat, fit un effort
désespéré pour sauver sa
vie. Si l'affaire avait été
renvoyée, comme Gorreus le proposa, au Conseil
des Deux Cents, Servet
aurait probablement sauvé
sa vie: mais les Magistrats
décrétèrent qu'il devait en
être autrement.
L'exécution eut
lieu, comme Calvin l'annonça, au lendemain
que sa lettre fut écrite,
et Farel était présent
à celle-ci. Mais la distance
était trop
grande pour qu'il ait reçu cette
lettre avant son départ
de Neufchâtel,
et puisse agir sur
les informations qu'elle contenait. Un autre
ami, donc, connaissant
son appétit pour le
sang hérétique, lui transmit
probablement
plus tôt la décision des Magistrats,
et il se hâta d'assister à
l'exécution.
Peu
après l'arrestation de Servet,
Calvin exprima
l'espoir, dans une lettre à
Farel, (Ep. 152), écrite le
20 août, qu'il soit
jugé coupable de la peine capitale , mais
qu'un type de mort moins
barbare puisse être substituée
à la
punition infligée en
général aux
hérétiques. ("Spero capitale saltern fore
judicium;
pcense vero atrocitatem remitti cupio"). Farel répondit à
cette
lettre (Ep. 155), le
8 Septembre, et ce qui suit est
un extrait de sa réponse. "Ce
serait une merveilleuse
dispense de Dieu, dans le cas de Servet,
s'il venait à se repentir, bien que tardivement. Ce
serait
en
effet une chose puissante, s'il
meurt en vrai
pénitent,
subissant une seule mort, qui
mérite de
mourir dix
mille fois plus, et
s'il s'efforce d'édifier tous les
personnes présentes,
lequel a fait son
affaire de
pervertir de nombreux morts et vivants, ainsi que
ceux
qui sont encore à
naître. Les
Juges seront très cruels,
très injustes pour le Christ, et pour la
doctrine
qui est selon
la piété, et de vrais
ennemis de
l'Eglise, s'ils ne sont
pas agités par les horribles
blasphèmes étant si viles et
qu'un hérétique assaille la
majesté divine, et cherche à
saper l'évangile du
Christ, et corrompt
toutes les églises. Mais
j'espère que Dieu
fera que ceux
qui reçoivent des éloges
pour infliger les
justes peines
sur les auteurs de vols et
de sacrilèges agiront en ce
cas, afin de mériter des
applaudissements, en
enlevant la
vie d'un seul, qui si longtemps s'obstina
dans ses
hérésies,
et qui apporta tant
de destruction. En
souhaitant une
sorte de punition moins barbare, vous
effectuez une
sympathie envers un homme qui a
été votre plus grand ennemi.
Mais je vous prie d'agir d'une telle
manière, que
nul ne
peut oser imprudemment promulguer de
nouvelles
doctrines, et
déstabiliser toutes les choses en toute
impunité, pendant si
longtemps comme cet homme l'a fait".
La conclusion de la
sentence prononcée contre Servet
fut comme
suit. "Ayant Dieu et ses Saintes Écritures devant
nos yeux, au nom du
Père, du Fils et du Saint-Esprit, par ce qui est notre
sentence définitive, que
nous avons donnée par écrit, nous te condamnons, Michel
Servet, à être
lié et transporté au lieu Champel, et
là être
attaché à un poteau, et
brûlé vif avec ton livre, écrit de tes
propres mains et
imprimé, jusqu'à ce que ton corps soit
réduit en cendres: et ainsi sera la fin
de tes jours, pour servir d'avertissement aux autres, qui sont
disposés à
agir de la même manière. Et nous te commandons,
notre lieutenant, de mettre notre
sentence actuelle à exécution". L'officier
chargé de cette commission ne
tarda pas à l'exécuter, et une page sanglante ne
tachera pas les annales du
martyre, dans lesquelles cette opération horrible est
enregistrée.
Dans la matinée du
27 octobre 1553, au lendemain que la sentence fut passée,
Farel visita Servet
en prison, et vigoureusement le pressa
d'abjurer: mais Servet,
en réponse à des
sollicitations répétées de Farel, le
supplia de produire un seul passage de
l'Écriture, dans lequel il affirmerait que le Christ est
appelé "le Fils
de Dieu", avant sa naissance de la Vierge Marie, et bien qu'il
était
pleinement conscient de la situation terrible dans laquelle il se
trouvait, et qu'il
savait qu'il serait prochainement convoqué en
présence de son Juge final,
ni les menaces ni les séductions purent avoir raison de lui
qu'il se rétracte
ou admette que le Christ est le Dieu éternel. Quand il fut
conduit au lieu
d'exécution, il cria à plusieurs reprises: "O
Dieu ! sauve mon âme, ô
Jésus, Fils du Dieu éternel! aies
pitié de moi! " Dès qu'il arriva en
vue du lieu Champel, il se prosterna sur la terre, et persista pendant
un
certain temps dans une fervente prière à Dieu.
Alors qu'il était ainsi employé,
Farel, s'adressant au peuple, dont la foule s'était
empressée pour assister à
l'exécution, déclara: "Voici la puissance de
Satan, quand il prend
possession de sa victime destinée! C'est un homme
instruit. Et un destin
similaire pourrait être le vôtre". Servet,
maintenant, se leva de terre, et Farel le poussa à
s'adresser à la foule,
probablement dans l'espoir illusoire, qu'il puisse être
amené, au dernier
moment, à se rétracter. Mais Servet
continuait à invoquer le nom du Tout-Puissant, et quand
Farel persista en lui
demandant de parler, il lui demanda ce qu'il pouvait dire de
différent de ce
qu'il avait déjà dit ? Farel alors
demanda à Servet,
qui n'avait ni femme ni enfants, quelle était son intention
de qui se souvenir
dans son testament. Mais Servet,
qui était un
homme célibataire, et dont les biens avaient
été saisis et confisqués par ses
persécuteurs, resta silencieux. Farel
désormais le poussa à invoquer le
Fils éternel de Dieu, ce qu'il refusa à plusieurs
reprises de
faire. "Pourtant", dit l'un de ses biographes, "il
n'avança
rien pour la défense de sa doctrine, mais souffrit
d'être emmené au châtiment".
Pour ce silence Calvin allègue, comme preuve de
l'obstination de Servet,
ou, comme lui-même le mit en phrase, "de
sa stupidité bestiale".
La pile se
composait de bois de bûches
entremêlés de fagots de
chêne vert, toujours en feuilles. Servet fut attaché
à un tronc d'un arbre fixé
en terre, que ses pieds atteignent le
sol, et une couronne de paille et
de feuilles saupoudrées de
soufre fut placée sur sa
tête. Son corps fut lié au
poteau par une chaîne
de fer, et une
corde grossière torsadée fut
lâchement jetée à son
cou. Son livre fut
ensuite attaché
à sa cuisse, et il demanda au bourreau
de le mettre hors de sa
misère aussi rapidement que possible. La
pile fut ensuite allumée, et
il cria d'un cri pitoyable, comme pour
exciter la
sympathie profonde et sincère des
spectateurs. Alors qu'il
souffrit pendant un certain temps,
quelques-uns d'entre eux eurent des
sentiments de compassion, et en vue de
mettre un terme à
son malheur, fournirent au feu une quantité
de nouveaux consommables,
tandis que le malheureux criait
toujours: "Jésus, Fils
du Dieu éternel! aies pitié de
moi!"
"Enfin",
dit un récit manuscrit, "il
expira, après environ une
demi-heure de souffrance". Pierre Hyperphrogenus,
cependant, témoigne, que les
souffrances de Servet furent
grandement prolongées, en conséquence
d'une forte brise
qui surgit, qui
dispersa les flammes, et qu'enfin, il y
avait à peine une
quitté de matière suffisante pour
permettre au bourreau de
mettre la sentence à effet. Il
ajoute également que Servet se
tordit dans le feu entre
deux et trois heures, et qu'il commença
après longtemps
à s'écrier:
"Misérable de moi! que les flammes
dévorantes n'ont pas le pouvoir de
détruire!"
Minus Celse rapporte, que la
constance de
Servet, au
milieu du feu, fit que
beaucoup allèrent à ses
opinions, et que Calvin fit
un objet explicite de
plainte, qu'il y avait beaucoup de
personnes en Italie qui
chérissaient et vénéraient sa
mémoire. Certains
auteurs se portent volontaires, de nos jours, et
défendent la part que Calvin prit dans la
poursuite de Servet. Parmi
les autres récents apologistes du
strict Réformateur Genevois, M. Albert Rilliet
et le Révérend W.K. Tweedie se
manifestèrent, mais leurs arguments furent
habilement et
triomphalement réfutés par
un écrivain bien connu, dans le
"réformateur chrétien" de
Janvier 1847 (pp. 1-21).
Peut-être la
tentative la plus systématique pour mettre au jour
le côté odieux de
Calvin, dont son traitement malin et cruel
envers Servet, qui
l'a aussi touché à juste titre,
est celui du Dr Paul
Henry, de Berlin, qui,
dans son ouvrage sur "La vie et
l'époque de Jean
Calvin", pour lequel le Dr H. Stebbing a
récemment favorisé le public
d'une traduction en
anglais, entrant largement dans le sujet, et
n'hésitant
pas à se présenter
comme le défenseur du "grand
réformateur", et pour confirmer sa
condamnation, et que
cela constituait le couronnement de sa
vie. "Beaucoup
d'amis de Calvin", dit-il, (vol. II,
p. 160.), "aurait
voulu voir cette période de son histoire
entièrement effacée,
et il y en a d'autres, qui
pouvaient concevoir l'idée
d'écrire sa vie, sans entrer dans
n'importe quel compte particulier
sur l'affaire Servet. Je
ne suis pas
d'accord avec eux, c'est ici que
Calvin apparaît
dans son véritable
caractère, et une considération plus
proche de
la procédure, d'un réexamen du
point de vue fourni par la
période où cela eu lieu, l'exonérera
complètement de tout blâme".
Rien ne peut
être
plus éloigné de l'intention de l'auteur du
présent article, que de contester
l'affirmation, "que Calvin", en ce qui concerne le rôle qu'il
prit
dans cette transaction, "apparaît dans son
véritable caractère:" mais
il était le personnage, qui doit être
observé, d'un persécuteur de
première classe, sans une qualité humaine ou de
pardon, pour le dessaisir de sa
criminalité, ou pallier à son
énormité. La défense repose
essentiellement
sur le sentiment juridique et théologique de
l'époque, mais sur ce principe, il
n'y a aucune atrocité, dans les annales de la
persécution, qui ne peut être
justifiée. Il sera, par conséquent, une
satisfaction pour chaque lecteur,
d'un esprit qui n'est pas perverti, d'être
informé, que le traducteur décline
toute participation dans le sentiment, qui dicta cette
défense, et exprime sa
désapprobation de la conduite de Calvin envers Servet,
dans les termes suivants sans réserve. "Soucieux comme il le
fut avec
honnêteté de préserver les plus fortes
caractéristiques de l'original, le
traducteur peut être autorisé, il a confiance,
à se prémunir contre le risque
de fausses déclarations quant à ses propres vues
ou opinions. Il supplie alors
qu'il soit compris, que c'est principalement à
cause de sa valeur
historique qu'il voulut faire que ce travail puisse être
connu des lecteurs
anglais, et qu'il a un respect des plus
sincères pour la piété et les talents
éminents de l'auteur ; mais ni sa
considération pour le docteur Henry ni sa profonde
admiration de Calvin,
dans les caractéristiques générales de
son caractère, et le zèle sublime,
modifièrent
ses vues sur les sujets dont il a ici plus de raisons
particulières de se
référer. Le Dr Henry défendit Calvin,
dans le cas de Servet,
avec une admirable capacité, mais le traducteur croit
toujours, comme il n'a
jamais cru, que quand les hommes jouissent d'une si grande mesure de
lumière et
de sagesse comme Calvin possédait, ils ne peuvent pas
être justifiés, s'ils
sont coupables de persécutions, parce qu'ils ont
vécu dans des temps où les
esprits méchants et vulgaires faisaient la guerre
contre les droits de la
conscience humaine. Si Calvin avait prié d'être
libéré de la servitude qui fit
de lui un persécuteur, sa réputation autrement
irréprochable aurait été
souillée
par la tache qui le défigure. La persécution est
opposée aux principes essentiels
du christianisme. Rien ne peut la justifier, sous quelque forme ou
prétexte que
ce soit, aussi longtemps que l'Evangile est reconnu pour être
divin". (Préface
du traducteur, pp VI, VII).
Il est inutile
d'ajouter un seul mot à
cette censure bien
méritée, de la
plume de l'un des plus fervents
admirateurs de Calvin, car, bien
que la justice se fit largement pour son
caractère général
et pour ses efforts au
bénéfice de ce qu'il
jugeait être
la vérité chrétienne, sa conduite en
tant que persécuteur est
placée sous
son vrai jour, et est montrée pour
être absolument incompatible
avec l'esprit de cette religion, pour lequel, et pour
sa
conduite imprudente dans ce cas, il
aurait été
considéré, par les ennemis, pas
moins que les amis de son
système théologique, comme l'un
des plus brillants
ornements. Mais tous, dont les sentiments
naturels ne sont
pas pervertis par le
zèle sectaire, se joindront
à Gibbon en
dénonçant le comportement
d'un homme qui, sous le couvert de la
religion, pouvait
violer tous les principes de l'honneur et de
l'humanité,
et se prévaloir de l'influence, qu'il
tirait de sa fonction en
tant que Ministre chrétien, et de
sa haute
position comme réformateur chrétien, de
concevoir de ne
pas commettre l'un des plus
ignobles meurtres
enregistrés dans l'histoire de la
persécution. "Je suis plus
profondément scandalisé", dit
l'auteur du "Déclin
et chute de l'empire romain", (Chap,
liv.) "pour
la seule exécution de Servet, que
dans les hécatombes qui ont
flambé dans l'autodafé de l'Espagne
et du Portugal. 1. le zèle de
Calvin semble avoir
été envenimé par la
malveillance personnelle, et
peut-être l'envie. Il
a accusé son adversaire avant
même leurs ennemis communs, les
Juges de Vienne, et
trahit,
pour sa destruction, la confiance
sacrée d'un secteur privé
correspondant. 2.
L'acte de cruauté n'a pas
été fourni par le
prétexte d'un danger
pour l'Église ou l'État. Lors
de son passage à Genève, Servet était
un
étranger inoffensif, qui
ne prêchait pas ni imprimait
ni-même faisait
des
prosélytes. 3. Un inquisiteur catholique
donne
la même
obéissance qu'il exige, mais
Calvin viola la
règle d'or de faire comme
il serait fait pour lui".
Sandius, dans
son compte des écrits de Servet,
attribua la première place à
un dialogue en espagnol,
intitulé "Desiderius Peregrinus", "Le
trésor
de l'âme", ou "Le trésor
de l'âme
Chrétienne". Cette œuvre
pieuse, mais un peu mystique, fut traduite
de l'espagnol en italien,
français, allemand, néerlandais et en latin,
et publiée à plusieurs
reprises dans presque tous les pays de
l'Europe. Son véritable
auteur était un moine espagnol, de l'Ordre
de Saint-Jérôme, et
il est difficile d'imaginer toute autre raison,
pourquoi elle
aurait été mise sur Servet, que
la circonstance d'être d'abord parue en
espagnol, qui était sa langue
maternelle.
Parmi
les écrits authentiques de Servet, le
compte rendu suivant, on l'espère, ne
s'avérera pas inacceptable pour
le lecteur, bien qu'il ait
été anticipé, dans
une certaine
mesure, par l'ancienne partie du présent
article.
1. Sur les erreurs
de la Trinité, sept livres, par Michel Servet, alias
Reves, un Espagnol d'Aragon. 1531, en 8 vo. Le titre
latin de ce
travail est le suivant. "De Trinitatis Erroribus Libri Septem:
per
Michaelem Serveto, alias Reves, ab Aragonia Hispanum. Anno
MDxxxi". Il
fut publié à Haguenau, en Alsace, comme il
ressort du propre aveu de Servet. La composition
est barbare et grossière,
étant très différente, à
cet égard, de son traité sur les sirops et ses
notes
sur la Géographie de Ptolémée, qui
tous les deux reçurent des compliments pour
l'élégance de leur
latinité. Quand on sut que ce travail
était à l'existence,
aucun effort ne fut épargné par les
autorités civiles et ecclésiastiques pour
l'empêcher d'entrer en
circulation. Selon Pierre
Adolphe Boysen,
de nombreuses copies furent brûlées à
Francfort, et d'autres, qui avaient
trouvé leur chemin à Ratisbonne, ont
été soigneusement recueillies et
détruites
par Jean Quintana, Secrétaire
et Confesseur de
l'empereur Charles Quint. Grotius eut accès
à une copie à Rotterdam, censée avoir
été en manuscrit, vue par Christopher Sandius, et
prise d'une copie imprimée,
une fois en possession de Pierre
Medmannys,
et
ensuite la propriété de Jean Pesser. Paris
possédait seulement deux exemplaires, dont l'un a
été mutilé. Melanchthon avait
vu le travail, apparaît comme d'une lettre
adressée par lui à Joachim
Camerarius
(Ep. 140), et il fut supposé, mais
sans autorité suffisante, que Micraelius y avait
accès. Schelhorn nous informe qu'il y
avait
un exemplaire dans la bibliothèque du Prince Eugène,
un autre dans celle à Landgrave de Hesse Cassel, et un
troisième en possession
de Jean
Williehn Petersen. Il ajoute que
les contributeurs au "Berlin offrandes élevées"
eurent accès à une,
voire deux copies. Allwoerden nie, que la
rareté
de ce travail est si grande, comme de nombreux hommes
cultivés supposèrent, et
raconte à ses lecteurs, que lui-même
l'avait vu, à différents moments, en plus
de vingt exemplaires. Il admet que le confesseur de Charles V. supprima
toutes
les copies, qu'il put rencontrer à Ratisbonne, mais il dit,
que nous en avons
la preuve d'aucun auteur de renommée, que ces
copies aient été livrées aux
flammes, et qu'une erreur ait surgi pour confondre le travail "Les
erreurs
de la Trinité" avec la "Restitution de Christianisme", qui
furent brûlés à Vienne et Francfort, en
conformité avec la demande de
Calvin. Rien n'est plus certain, cependant, que
très peu de personnes ont
eu la bonne fortune de voir cette œuvre rare. Le Dr Drunmond, dans la
préface de son petit livre animé et
excellent, intitulé, "La vie de Michel Servet",
établit, qu'il a vu un manuscrit en quatre volumes
écrit par deux mains
différentes, et contenant les sept "Livres sur
les Erreurs de la Trinité",
et "Deux livres de dialogues" sur le même sujet. Ce volume
apparaît,
d'une inscription imprimée à
l'intérieur de la couverture, pour avoir autrefois
appartenu à un Médecin de Francfort-sur-le-Main.
Il fut présenté au
Révérend Jean
Montgomery,
(neveu du Révérend, Dr
Montgomery, de Dunmurry), quand un
étudiant à
Glasgow, lui confia gentiment, pour une saison, aux soins du Dr
Drummond, de
qui cette description de celui-ci est empruntée.
Des résumés du contenu
des "Sept Livres sur les erreurs de la Trinité" peuvent
être vus dans
le "Litteraria Selecta" de Van Seelen (pp. 60-65) , le "Michael
Servet
und seine Vorganger " de Trechsel
(S. 67 à 98) , et d'Henry "La vie et
l'époque de Jean Calvin",
traduit par (vol. II p. 168 - 170)
L'objectif principal de ce travail est de montrer, d'abord, que le
Christ
historique du Nouveau Testament est l'homme
Jésus-Christ, ou que Jésus de
Nazareth, un vrai homme, conçu du Saint-Esprit et
né de la Vierge Marie, est le
Christ de Dieu, ou le Messie promis aux pères:
Deuxièmement, qu'il est
le Fils de Dieu: on entend par là, que son corps a
une participation
réelle de la substance de Dieu, étant
engendré de l'Esprit-Saint, sur lequel
compte il est le bon, vrai et naturel Fils de Dieu, alors que nous
sommes
seulement des fils de Dieu par adoption: et.
Troisièmement, qu'il est
Dieu, non pas que l'Unique et le Très-Haut, qui seulement
est Dieu le Père, et
pourtant substantiel, car en lui est la divinité. StebbingServet
établit deux principes fondamentaux:
premièrement, que la nature divine est incapable
de division et,
deuxièmement, qu'il peut devenir connu de nous que par ses
dispositions ou
manifestations. Raisonnons à partir de ces deux principes :
on en déduit que ni
le Logos ni le Saint-Esprit, sont une personne vraiment distincte du
Père, mais
seulement une sorte de révélation de la nature
divine. Les théologiens n'ont eu
aucune difficulté dans leurs tentatives à
analyser les opinions de Servet, et leur donner une
forme définitive. Walchius les
considéraient comme un fauteur de
sabellianisme, et Bèze et, dans la
préface
de son compte de Gentilis
Valentin, dit, qu'en Servet seulement nous
rencontrons une union des idées
de Paul de Samosate, d'Arius
et d'Eutychès, et même de
celles de Marcion et Apollinaire.
Il est maintenant venu à la mode, de le charger de
panthéisme non dissimulé, et
de le représenter comme un héraut, ou un
précurseur de Spinoza.
Mais ce n'est pas lui faire une injustice manifeste. La
vérité est qu'en
essayant de développer son point de vue, il tomba sur les
difficultés
dialectiques, dont il n'avait pas une bonne
appréciation. Imperceptiblement
pour lui-même, ses spéculations philosophiques le
conduisirent dans des
incohérences, mais sa piété
chrétienne et le sentiment chrétien, qui ne le
quittèrent jamais, le plaçant à une
distance incommensurable de Spinoza. Il fut
un panthéiste dans le même sens que Paul
était un panthéiste. Il crut, avec le
grand Apôtre des Gentils, "qu'il y a un seul Dieu et
Père de tous, qui est
en tout, et parmi tous, et en nous tous" (Eph. IV : 6) ; et sa
tentative de donner une expansion et un développement
à ce sentiment sublime de
l'Apôtre, et pour montrer son incompatibilité avec
la doctrine reçue de trois personnes
dans la Divinité, fut l'occasion de cette
hostilité implacable, avec laquelle
Calvin le poursuivit. Une traduction néerlandaise du travail
"sur les erreurs
de la Trinité", par Renier Telle ou Regner
Vitellius,
fut publiée en 4 to., AD 1620. Le
traducteur professe être un calviniste, mais était
en réalité un arminien. Sa
version est exacte et fidèle, et rend souvent un
sens plus clair que
l'original lui-même. Quand le sens est plus obscur
qu'à l'habitude, de courtes
notes explicatives sont ajoutées dans la marge.
2. Deux livres
de Dialogues sur la Trinité. Sur
la Justification du
Royaume de Christ, quatre courts chapitres:
par Michel Servet,
alias Reves, un
Espagnol d'Aragon. 1532, en 8
vo. Le
titre latin, qui peut être une
satisfaction pour certains
lecteurs à voir, est comme
suit. "Dialogorum de Trinitate
Libri Duo. De Justitia Regni Christi, Capitula Quatnor: per Michael
Serveto,
alias Reves, ab Aragonia Hispanum. Anno MDxxxii". Dans
ces dialogues,
Michael et Petrucio sont les discuteurs, et
le quatrième Capitula
traite, 1, Sur la doctrine de Paul
sur la Justification; 2, sur
le royaume de Christ; 3, sur le
droit comparé
à l'évangile,
et 4, sur la charité. Servet
se
rétracte, dans ce
travail, qu'il avait avancé au
sujet de
la Trinité dans le premier, mais explique au
lecteur, que sa
raison d'agir ainsi est une conviction
que ce qu'il avait
dit était imparfait, et non pas qu'il
était faux. Ce qu'il
attribua en partie à son
manque de compétences en
composition et
au manque d'application de son imprimeur. Les
sentiments des
deux traités sont identiques,
mais dans les "Dialogues",
il est dit davantage sur le Logos, et
moins sur le
Père, que dans le travail "Sur
les erreurs de la
Trinité". Les opinions de
l'écrivain sur le thème de la
Justification sont dites pour occuper une
place intermédiaire, entre
celles des luthériens et
celles des catholiques. Trechsel
donna un résumé du
contenu du second ouvrage de Servet, dans son "Michael
Servet und Seine Vorganger" (S. 103-109).
3. Les huit
livres de géographie de Claude Ptolémée d'Alexandrie, de
la traduction de Bilibaldus
Pirckheymer,
maintenant pour la première fois furent
révisés selon
les copies en grec ancien, par
Michael Villanovanus, & c. Lyon, Melchior
et Gaspard Trechsel, 1535, fol. Dans
la préface de cet
ouvrage, Servet, après avoir
donné un
bref compte rendu du
Ptolémée, et en affirmant sa
supériorité en tant que
géographe sur Strabon, Pline et Pomponius Mela, continue à
dire, qu'il n'épargna aucune
peine, en cherchant à modifier
le texte de son auteur, et par l'aide de
manuscrits et d'une lecture
attentive des œuvres des auteurs
précédents, réussit
à
restaurer la vraie lecture de plusieurs milliers
de passages. Le
texte de Ptolémée est
enrichi de notes explicatives, dont
le style est plus classique que ceux des deux travaux
précédents de
Servet sur la
Trinité. Le
volume est également illustré
par des cartes et des gravures sur
bois. C'est pour certaines expressions dans ce
travail, que
Calvin plaça sa charge contre Servet, pour
avoir représenté
Moïse comme un imposteur et
comme apportant le
mépris sur la religion Juive. Le
passage offensant fut effacé dans
la seconde édition, publiée en 1542,
mais cela ne servit à rien à
Servet pour
son procès.
Allwoerden donne une analyse
approfondie de l'oeuvre dans son
"Histoire de Servet",
(pp. 158-166), y compris
le passage ci-dessus mentionné.
4. La
nature entière et l'utilisation des sirops
se propagea
avec diligence, à l'exemple de
Galien, & c. Paris, Simon Colinseus,
1537, en 8 vo. Allwoerden s'est
renseigné fréquemment sur ce
livre, mais n'a jamais été en
mesure d'obtenir de le voir. Il
est dit qu'une copie de celui-ci est conservée
à la
Bibliothèque royale à Kœnigsberg. Servet le publia
sous le nom
de Michael Villanovanus. Une deuxième
édition parut à
Venise, en 1545 et une troisième
à Lyon, en 1546. La
notification suivante et la raison qui conduisit
à sa
publication sont de la plume du Dr Henry. "Dans
la science
de la médecine, Servet est
en accord
avec les médecins grecs, en opposition
à l'Arabie. Le différent entre
ces deux parties fut l'un des
thèmes de la journée. Champier, un
Médecin et ami de Servet, à
Lyon, attribua, dans un écrit
pour Leonh. Fuchs,
des vues
fausses du premier, et
l'accusa d'incliner plutôt
pour le système de
l'Arabie. Ceci produisit une
réponse
de Servet, et
comme tout ce qu'il
fit, il le fit avec talent, et un
travail excellent apparut de
sa plume, à Paris en 1537, sur
l'utilisation des sirops,
avec un examen
des galénistes et averroïstes. Ce
travail, ainsi que les notes sur le
Ptolémée, ont été
écrits en
latin, et si
excellemment, que Mosheim s'aventure
à dire,
qu'il a intentionnellement employé un
style négligent dans ses
écrits théologiques, étant un
principe pour lui qu'en matière de
religion, la langage doit toujours être
humble". (Life
and
Times de Calvin,
vol. II. Chap. iv.pp. 174, 175).
5. La Sainte
Bible selon
la traduction de Sanctes Paninis, mais
qui fut tellement révisée
d'après l'hébreu, et
illustrées par
des scolies, au
point de paraître manifestement comme
une nouvelle édition. Lyon,
Hugues de La Porte, 1542, fol. A la
fin du
volume il y
a les mots,
"Excudebat Chaspar Trechsel". Cette
Bible est extrêmement rare. Des
copies de
celle-ci sont
parfois rencontrées en France, mais
elles atteignent des
prix très
élevés. Calvin, dans son
accusation contre Servet, y fait
allusion, et en
particulier pour la note
sur Isaïe LIII. Il
est évident, d'après la
préface, que Servet pensait
que toutes les prophéties de l'Ancien
Testament ont un sens littéral
et historique, et reçurent leurs
accomplissements avant l'heure du
temps chrétien, et pouvaient être
appliquées au Christ que dans
un sens mystique. Servet fournit quelques
notes sur les livres historiques, mais dans
les Psaumes et
les livres des Prophètes ses
annotations sont
nombreuses. Ceci déplut beaucoup, non
seulement à Calvin, mais
aux théologiens de l'Église
catholique. Allwoerden inséra un
long et intéressant compte de
cette édition de la Bible, avec
des extraits des index expurgatoires
de Sotomaior et Quiroga,
dans son "Historia M.
Serveti", pp 167-176. Le
lecteur peut également consulter une
édition de Masch du "Bibliotheca
Sacra, Hal. 1783", de Le Long 4to., P.
II. Vol. III. Cap. iii. Sect. i. § XXIV. pp 477, 478.
6. La
Restitution du Christianisme. Un appel au monde
chrétien pour les premiers
principes de l'église apostolique: ou un traité
dans lequel la connaissance de
Dieu, la foi chrétienne, notre justification, la
régénération, le baptême,
manger le repas du Seigneur, sont parfaitement restaurés,
pour la délivrance du
Royaume céleste de l'esclavage de la Babylone impie, et la
destruction totale
de l'Antéchrist avec ses disciples. 1553, en 8 vo.
Ceci est la traduction
du Révérend et Dr Drummond du titre du
célèbre travail de Servet
- "Christianismi Restitutio: totius
Ecclesizc Apostoliczc ad limina sua Vocatio, in integrum restituta
cognitione
Dei, Fidei Christi, Justificationis nostrae, Regenerationis, Baptismi
et Coenae
Domini Manducationis : restituto denique nobis Regno ccelesti,
Babylonis
impiae Captivitate soluta, et Antichristo cum suis penirus Destructo,
Kai
MDLIII".
Le travail s'étend
sur 734 pages, et sur la
dernière page on trouve les lettres M.S.V., et la date de
1553. Ce livre
excessivement rare est celui qui a conduit au martyre son auteur, et
qui fut
lié à sa cuisse, quand il a subi le
bûcher. Il fut publié par la presse au
mois de janvier 1553. Cinq balles de copies furent envoyées
à Lyon et cinq à
Châtillon. Une commande toujours plus grande fut transmise
à Francfort, et
d'autres furent envoyées à
Genève. De nombreuses copies furent
brûlées à
Vienne. Un serviteur de Robert
Stephens, du nom
de Thomas, fut
envoyé à Francfort, dans le but
exprès de saisir et détruire les copies qui avait
été envoyées ici, et qu'un peu
put échapper aux flammes, sinon c'est toute la
commande qui avait été
transmise à cette ville. En dehors de l'ensemble de
l'impression, composée d'un
millier d'exemplaires, pas plus de cinq ou six sont censés
avoir été sauvés de
la destruction. Un de ceux-ci appartenait autrefois aux unitariens de
Kolosvar,
en Transylvanie Il fut acquis par Daniel
Mark
Szent-Ivani, lors d'une visite en Angleterre, entre les
années 1660 et
1668: et était le parent de plusieurs copies manuscrites,
dont le compte rendu
suivant, par l'érudit savant Samuel Crellius, fut rendu
publique, dans une
lettre adressée par le Pasteur Frédéric
Adrian Vander Kemp
au Rev. Jedidia Morse,
le 15 Janvier 1808, et
insérée, avec plusieurs autres, sur l'histoire de
Servet,
dans le cinquième volume du Monthly Repository. Ce
compte de Crellius fut
pris, par l'auteur de la lettre ci-dessus, comme il nous informe,
à partir d'un
exemplaire manuscrit d'un qui était à la
bibliothèque royale de Gottingen,
faite par le Pasteur Stapfer JJ, de
Berne,
en 1775.
"Le noble et Révérend André
Lachowski
un Moscorow,
un Chevalier polonais et Ministre de l'Eglise Unitarienne polonaise
à Kolosvar,
autrefois fit cette copie de la "Restitution du Christianisme"
à Kolosvar,
en Transylvanie, pour mon père, Christopher
Crellius,
vivant alors dans cette partie de la Prusse,
appelée Brandebourg, à partir
d'un exemplaire imprimé du livre de Servet, dont
D. Mark Szent-Ivani, ensuite Superviseur des Eglises Unitariennes de
Transylvanie,
l'acheta en Angleterre, quand il voyageait dans ce pays, entre les
années 1660
et 1670. De retour de là, en Transylvanie, par la Marche de
Brandebourg, il
prêta ce livre imprimé de Servet à Jean Preussius, Ministre de
l'église unitarienne en Marche,
et après, à mon beau-père, dont
Preussius le traduisit partiellement pour
son usage personnel, et fit qu'il soit traduit en partie par Jérémie
Felbinger,
et encore en partie par une autre
personne. Avant que la copie écrite par Preussius vienne
dans la bibliothèque
de ce monsieur très savant, André
Erasme
un Seidel,
Conseiller du Roi de Prusse, j'ai restauré
à partir de cette copie, par la
main de mon fils, le dernier octernion, dont une de cette copie
est mienne,
transcrite par Lachowski, qui avait été perdue
par la négligence d'un ami en
Prusse, avant que le livre soit brûlé. Mais la
copie de Preussius ne montre pas
dans la marge l'exposition des pages du livre imprimé de Servet. Ce livre
imprimé, peut-être même encore
trouvé
à Kolosvar, en Transylvanie, parmi les unitariens".
"J'ai écrit ceci à Konigswald, le 19
février 1719".
"Après, que j'ais écrit ce qui
précède, j'ai vu une lettre, que Pierre Adams, le compagnon de voyage
de Mark D.
Szent-Ivani, avait adressée à Jean Preussius,
à son retour pour Kolosvar, à
partir de laquelle j'ai vérifié, que le voyage
au-dessus mentionné avait
eu lieu entre les années 1660 et 1668, pas en 1670".
Le manuscrit, que j'ai donné à Seidelius, est
maintenant en possession du célèbre Mathurin
Veyssière
de La Croze,
Conseiller aulique et bibliothécaire du Roi de Prusse, et
non obtenu de 'Samuel Crellius', comme une dernière
"Histoire de Servet", publiée
sous les auspices de l'illustre
Mosheim comme établit, mais à partir de la
bibliothèque du défunt
Seidelius". ["Histoire
de Servet" ici y fait allusion,
est
d'Allwoerden, et le passage produit à la p. 181.]
"J'ai fait ce mémorandum additionnel à Amsterdam
en Juillet 1728".
"P.S. Je l'appris plus tard, dans les années 1735, de
l'illustre Agh Etienne, puis un
étudiant de l'église unitarienne
de Transylvanie, aujourd'hui Professeur au gymnase de Kolosvar, que la
copie
imprimée du travail de Servet ne fut pas
trouvée
parmi les unitariens de Transylvanie : pour quand, sous
l'occupation de la
Transylvanie par l'empereur Léopold, à la fois,
leurs églises à Kolosvar leur furent prises par
les catholiques romains, le
danger étant imminent, ne pensant pas à la mettre
en sécurité, ils
négligèrent
de retirer leur bibliothèque à temps de la grande
église, où elle était
placée, laquelle tomba en possession des
jésuites. M. V.
La Croze
donna son manuscrit à Jean
Christophe
Wolf,
Prédicateur à Hambourg, d'où il alla
ensuite à Offenbach, et après
sa mort, quand ses livres furent vendus aux
enchères à Francfort-sur-le-Main,
P.
De Hondt,
libraire à La Haye, obtint cette
copie, que j'ai vue en sa possession, et je savais que
c'était la même, que
j'avais jadis présentée à Seidelius".
"Je fis ce mémorandum additionnel à Amsterdam en
Juillet 1745".
"J'ai reçu une lettre de cet illustre Agh Etienne
nommé précédemment, le
30 décembre 1745, écrite à Kolosvar,
contenant la déclaration suivante. 'Lorsque
nous perdîmes ces deux églises, nous n'avons pas
perdu aussi, avec les églises, les
livres du célèbre D.M. Szent-Ivani, car ils n'ont
pas été pris à cette époque
à
l'endroit jouxtant la cathédrale, dans lequel de nombreux
livres de notre église
étaient préservés, et ces ouvrages de Servet,
sur lesquels j'ai écrit, et plus particulièrement
la Restitution du
Christianisme, je ne les ai pas trouvés dans le catalogue de
ses livres. Si,
toutefois, par hasard, je les trouve, soit dans les
bibliothèques de notre
église, ou ailleurs', & c.
"Ainsi, tout espoir n'a pas disparu, qu'une copie imprimée
de la
Restitution du Christianisme puisse encore être
trouvée en Transylvanie".
"Le manuscrit, que Pierre De Hondt obtint à
Francfort-sur-le-Main, comme
nous l'avons dit plus haut, a été vendu
à la Haye l'été dernier, 1745, lors
d'une vente aux enchères de ses livres, pour 86 florins
néerlandais. Hartig, un libraire
d'Amsterdam, l'acheta. Pierre De
Hondt avait prêté cette copie à
quelqu'un à lire. Une copie de celui-ci, faite
par lui, fut introduite dans une vente aux enchères
à Amsterdam, environ deux
ans depuis, et le coût de l'acquéreur fut
de plus de cent florins
néerlandais".
"Je fis ce mémorandum
additionnel le 27 Janvier,
De ces remarques détachées de Samuel Crellius,
qui, en raison d'avoir été
faites à différents moments, et dans deux cas,
après de longs intervalles, ne
sont pas si claires et reliées comme on aurait pu le
souhaiter, et d'autres
renseignements fournis par l'auteur des lettres au Dr. Jedidia
Morse, on
peut penser, qu'il y a des présomptions existantes qu'au
moins quatre copies
manuscrites de la "Restitution du Christianisme", qui doivent leur
origine, directement ou indirectement, de la copie imprimée
acquise par Daniel
Mark Szent-Ivani, lors de sa visite dans ce pays: -1. Celle de
Crellius,
copiée par le Révérend
Andrée Lachowski. 2. Cette copie par le
Révérend
Jean Preussius et d'autres, sont maintenant dans la
bibliothèque royale de
Göttingen. 3. Cette clandestinité est
faite à partir de la copie De Hondt,
et 4. C'est copié depuis le MS
Göttingen par le Révérend J. J.
Stapfer, de
Berne. Bock établit, que la bibliothèque
du célèbre Jablonski, Professeur
de théologie à l'université de
Francfort sur l'Oder, contient une copie
manuscrite de l'élégante "Restitution du
Christianisme", en folios,
faite à Kolosvar, en Transylvanie, mais si
celle-là était l'une de celles
déjà mentionnées, ou un certaine copie
indépendante, ça n'apparaît
pas.
Il est dit qu'une copie imprimée de ce
célèbre ouvrage fut mise au secret par Colladon, l'un des Juges de Servet. Après
être passée par la bibliothèque de
Landgrave de Hesse Cassel, cette copie vint
en possession du Dr Richard Mead, le
célèbre Médecin,
(Théories de Servet non aperçues
par Sigmund, p.
22), qui en fit don à M. De Boze,
Secrétaire de l'Académie des
Inscriptions et des Belles-Lettres à Paris, une fonction
qu'il occupa pendant
trente-sept ans. Dans les "Mémoires authentiques de
Richard Mead, M.D.",
qui sont une traduction de "Eloge" sur lui dans le "Journal
Britannique"
de 1754, conduit par le Maty,
l'aîné, où il y a le
passage suivant en référence à cette
copie. "Sa réputation non
seulement en tant que Médecin, mais comme érudit,
était si universellement
établie, qu'il correspondit avec tous les principaux
lettrés en Europe. M. de
Boze, pour la perte du monde cultivé ne se lamente pas moins
pour l'académie à
laquelle il donna tant d'honneur, maintint une stricte
correspondance avec
le docteur. Il reçut souvent de lui quelque morceau
précieux pour le cabinet du
Roi de France, et ne manquait jamais de lui faire un retour du
même genre. Les
rares, voir la seule copie du dernier livre de Servet,
passèrent dans les rayons dignes anglais à ceux
de son ami voisin, en échange
d'un millier de cadeaux qu'il avait reçus de
lui". (P. 55, 56). Cette
copie est maintenant à Paris, et est l'une qui est
consultée par M. Emile Saisset, en amenant une
série d'articles sur Servet, publiés
dernièrement dans la "Revue des
Deux Mondes". Cet écrivain dit: "Notre
bibliothèque royale
possède, heureusement, l'un des deux seuls exemplaires de la
Restitution du Christianisme,
dont on dit avoir échappé à la
destruction. C'est une circonstance étrange que
ce soit la même copie que celle que Colladon fit usage quand
il arrangea avec
Calvin les poursuites contre Michel Servet.
Elle porte encore dans sa marge les marques accablantes que ce
théologien
pénétrant et inflexible inscrivit sur elle. Elle
fut arrachée aux flammes par
une main inconnue, et nous pouvons observer dans ses feuilles noircies
les
marques du feu. C'est à partir des pages de ce volume,
pleine de souvenirs
tragiques, par le biais de ces lignes, dans la moitié des
pièces effacées par
la rouille de l'âge, dans des parties effacées et
réduites en cendres par les
flammes, que nous avons tenté d'extraire
les pensées enterrées de l'auteur
sacrifié". (Christian réformateur, N. S.
vol. IV. P. 271).
Une troisième copie imprimée de la "Restitution
du Christianisme"
exista autrefois à Bâle, mais le père Simon nous
apprend qu'elle fut transférée à
Dublin. Gérard
de Maëstricht mentionne une quatrième copie, qu'il
avait vue, et examinée, à la
bibliothèque publique de Duysburgh, mais Hase
Théodore dit
que, en son temps, celle-ci ne fut plus trouvée. La
seule copie connue
aujourd'hui à exister, en plus de celle de la
bibliothèque nationale à Paris,
se trouve dans la bibliothèque impériale
à Vienne, et il n'est pas improbable
que ce soit l'une, qui appartenait autrefois à Daniel Mark
Szent-Ivani, et qui
disparut de sa bibliothèque d'une
mystérieuse manière, sous l'occupation
de la Transylvanie par l'Empereur Léopold. Les
réimpressions de ce travail
rare, censées être des copies de
l'édition originale, sont parfois rencontrées
dans les catalogues, et des copies écrites de celui-ci aussi
sont parfois vues
en Angleterre, ainsi que sur le continent. Une de celle-ci a
été faite pour le
Dr More, Evêque d'Ely,
à partir de la copie
imprimée de la Bibliothèque de Landgrave de Hesse
Cassel, et M. Souverain,
auteur du "Platonisme dévoilé," a eu
accès à une autre. Le manuscrit
original, écrit de la main de Servet,
appartenait autrefois à Celio
Horatius Curion.
Il fit ensuite son chemin dans la bibliothèque de M. Du
Fay,
et avec le reste de ses livres a été vendu
à Paris, en 1725.
L'acheteur fut le Conte De Hoym, Ambassadeur
de Pologne à la cour française, qui l'acheta pour
une cent soixante seize
livres. Il fut ensuite la propriété de M. Gaignat,
et fut vendu, avec le reste de la bibliothèque de ce
monsieur, en 1769. Que
devint-il ensuite, et s'il est maintenant à l'existence,
l'auteur du présent
article n'a pas été en mesure de le
vérifier. Il était dans un état de
lambeaux
et mutilé, quand il était en possession de M.
Gaignat. Pour un compte rendu du
contenu de la "Restitution du Christianisme", le lecteur peut
consulter la "Bibliotheca Antitrinitariorum" de Sandius (pp. 14 -,
15); le Montly Repository de 1810, (vol. V,) pp
526-528, et le "Michel Servet
und seine Vorgiinger" de Trechsel, S. 119
- 14-4. Pierre
Palmer,
un libraire de Londres,
projeta une édition des Œuvres de Servet en 4
vo. 1723, mais fut empêché de mettre à
dessein à exécution, par
l'interférence
des pouvoirs ecclésiastiques et civiles. A
l'exemple du Dr Gibson,
Evêque de Londres, Jean
Kent, messager de presse, et William
Squire,
messager ordinaire, saisirent toute l'impression, avant qu'elle ne soit
terminée, et que quelques exemplaires
échappèrent à la destruction.