Morstinius Christophe, en polonais Morsztyn,) de Racibórz,
était Seigneur de Paulikovice et Conseillé Spirituel de Philipov. Dans
sa juridiction, l'autorité des sociniens était alors aussi
grande que dans toutes les autres parties de Pologne. Il fut une personne d'une
considérable célébrité parmi ses concitoyens, et avant tout distingué par la
faveur royale. Même ses ennemis portaient témoignage de l'excellence de son caractère,
et dans les églises il démontrait très clairement un zèle pour la promotion de
la gloire divine. Il fut le fondateur de l'église à Philipovie, qui fleurit
sous ses auspices, et dans le nombre de ses Pasteurs, il y eut le célèbre Jean
Volkelius. André Wissowatius utilisa l'expression "le Sénateur
de l'Eglise de Dieu" pour appeler Morstinius. Sa famille, qui
était une parmi les très anciennes, venant de Montsternii en Allemagne, était
distinguée par sa longue lignée de noblesse et installée dans le Palatinat de
Cracovie. Paul
Crellius dressa une table généalogique de
sa famille, qui arriva dans les mains de Bock.
Quand Faust Socin fut
obligé de quitter Cracovie, sur le compte de l'excitation produite par ses
discussions et écrits, Christophe Morstinius le prit sous sa protection et le
supporta franchement, pendant un peu plus de trois ans, dans sa propre demeure,
qui se situait seulement à quelques kilomètres de Cracovie. Ici, il fonda un
asile de sécurité: et son gentil et généreux bienfaiteur lui donna par la suite
sa fille, Elizabeth, en mariage. Dans la correspondance de Socin, il y a cinq lettres
adressées à Christophe Morstinius, qui, comme Bock dit, mérite d'être
lues. La première fut écrite lors d'un synode à Lublin, et elle est datée du 5
juin 1593. Dans celle-ci Socin dit à Morstinius, que la totalité de la journée
précédente a été occupée à discuter de la fin et de l'utilité du Repas du
Seigneur, et que le synode, avec uniquement une voix dissidente, vint à la conclusion,
que le seul objectif de ce rituel est la commémoration et la prédication de la
mort du Christ. Dans la seconde, Socin fit allusion à une certaine mauvaise
utilisation qu'il avait reçue d'une personne sous l'influence d'une
intoxication, et donne une liste de ses propres écrits. Dans le troisième, il
s'efforce de prouver, que le commandement de ne pas manger le sang, n'a aucune
emprise à notre époque. Dans la quatrième, il traite du sujet de l'intérêt, et
montre qu'il n'est pas prohibé, ni dans l'Ancien ni le Nouveau Testament, mais
autorisé sous certaines restrictions. Dans la cinquième il résume le sujet de
la troisième, et reste plus particulièrement sur la raison assignée par Dieu quant
à l'interdiction de manger du sang, à Gen 9:4. Les quatre dernières furent
écrites de Cracovie, entre les années 1595 et 1597.
Après un intervalle de plus de quatorze années, nous retrouvons Morstinius prenant comme
vital, un intérêt comme jamais pour le succès de la cause unitarienne, et
utilisant son influence pour fournir ses avocats contre la persécution. Dans la
journée du 1 mars 1639, il adressa une lettre au Sénat de Dantzic, intercédant
au nom de Martin Ruarus, qui avait été traité par le
bannissement de la ville, sur le compte de sa religion. Cette lettre fut signée
par onze nobles et magnats polonais, en dehors de lui-même, dont les noms sont
donnés par Sandius dans son bref mémoire sur Christophe Morstinius. La lettre
elle-même fut enserrée dans le "second siècle des épîtres" de Ruarus,
éditée à Amsterdam en 1681.
(Vidend.
Sandii B. A. pp. 95, 96. Bock, Hist. Ant. T. I . pp.
159. 508, 509. Anonymi Epist. de Vit And. Wissowatii, pp. 222. 229.
Bibl. Fratr. Polon. T. I. pp. 455—458. Ruari Epist. Cent ii. N. 51. Toulmin's
Mem. of F. Socinus, Chap. i. p. 8.)