Goslavius Adam, (Polon. Gostlawski), de Bebeln,
un chevalier polonais, qui fut un élève de Nicholas Taurelli, et l'un des
plus distingués parmi les sociniens pour son érudition. Ils étaient deux frères
du nom de Goslavius, Adam et André, qui appartinrent au haut rang de la noblesse polonaise et se
distinguèrent pour leur engagement dans les idées de Socin. Lubieniecius parle de la splendeur de famille, tant
du côté maternelle que paternel et les décrits comme remarquables pour leur
courtoisie et modération, et plus aimés par ceux de leur propre rang, qui étaient,
sur d'autres aspects, plus hostiles à la vérité. Mais Adam acquérait une
considérable réputation par ses écrits, particulièrement ceux qui concernaient
ses idées religieuses, sur lequel compte les crypto-sociniens d'Altorf étaient
habitués de l'appeler Diocles.
Zetlner semble exacte
quand il suspecte, que l'origine de son nom ne doit pas être trouvée parmi les
éminents physiciens et philosophes de Grèce, dont l'appellation qu'il avait et
du surnom de Goslavius lui-même, qui, mis dans une forme germanique, serait Gottslow, équivalent au grec
: la
gloire, ou prière pour Dieu.
Quant à des particularités
de la vie Adam Goslavius, Sandius ne dit rien. Egalement, Lautrebach ne fait aucune mention de lui,
certainement qu'il n'avait pas connaissance de ses livres, qui étaient
difficiles d'avoir en sa possession. Il était un descendant de la famille de Szcerpanowski. Sa mère, dont
le nom Chrétien était Dorthea, appartenait à l'ancienne et illustre famille de Philipowski. Il épousa la
veuve de Cyril Tassycki, et pour un temps tint l'état de Luclavise, de droit de par son
épouse.
Etant une personne, dont
son nom portait un grand poids avec lui, Adam Goslavius lia sa
signature à une lettre intercédée par Ruarus pour le Sénat
de Dantzic. Il semble n'avoir tenu aucune fonction publique, excepté peut-être
en tant que Secrétaire du Roi, car dans les Actes Synodaux, sous l'année 1608,
une mention est faite d'un certain Adam, qui est désigné "Secrétaire",
et Bock suppose que
cette personne est Adam Goslavius.
Dans sa préface pour le
Reader, joint à son travail contre Bartholomew Kerckermann, il dit, "Je
ne suis pas un théologien ou un philosophe: je n'assume ni l'un ni l'autre de
ces caractères". Pourtant Zeltner dit, qu'il était merveilleusement
versé dans les spéculations philosophiques, et l'appelle, "nominatissimus
acerrimusque socinnismi defensor".
Il passa une grande partie
de sa vie dans son état paternel, appelée Krassow, qui était la propriété des
deux frères, et située pas très loin du village de Luclavise, ce fameux siège
du socinianisme, où Faust Socin, après avoir été éconduit par la persécution de Cracovie, trouva
asile sous le toit hospitalier d'Abram Blonski, et qui est
aussi le lieu où il décéda.
De la préface de son
"Réfutation de Keckermann", qui fut publiée par le conseil se ses
amis et collègues croyants, nous apprenons que les poursuites littéraires de Goslavius furent
suspendues pendant huit années, et qu'il était coutumier qu'en Pologne, pour
les jeunes personnes de naissance noble, comme pour lui-même, de stopper leurs
études quand ils quittaient l'école. Cette habitude ne doit pas essayer de le
justifier. Il établit simplement le fait, en ce qui le concerne et d'autres
personnes de son rang dans la vie, que rarement elles poursuivaient leurs
études jusqu'à l'âge de trente ans, et qu'au-delà de son âge, il était même
assez rare de trouver un homme en tant qu'étudiant parmi la noblesse polonaise,
et que la plus grande part du temps elle dépensait son temps dans des
occupations peu profitables. Tous, sans exception, étaient employés dans des
affaires civiles ou militaires, ou bien encore à la Cour. Ayant mentionné cela,
et appliqué la remarque à lui-même, il fit allusion, dans de termes obscures,
qu'à la période de la publication de son travail, dont il est fait mention au
dessus, il avait atteint sa trentième année, ainsi laissant le lecteur imaginer
les circonstances désavantageuses, sous lesquelles elle avait été écrite.
En 1638, quand sept
Curateurs et Directeurs du corps socinien furent nommés au synode de Kissielin,
Adam et André Goslavius étaient de leur
nombre, une preuve de la haute estime qu'ils avaient de ceux de la même foi. La
période exacte de la mort de ces deux excellents hommes n'est pas connue. Mais
cet Adam était
en vie après l'année 1640, et nous apprenons des Epîtres de Ruarus, que son
influence au lieu de décliner s'amplifiait alors qu'il vieillissait. Il est
dit, que Jean Crellius n'a jamais rien entrepris avant de l'avoir
consulté.
Dans les Actes Synodaux,
de 1648, une mention est faite d'un Stanislas Goslavius, qui était à
cette période nommé à la fonction de Diacre de l'église, mais on ne sait pas
pour quelle relation il parlait d'Adam ou bien d'André.
Les principaux travaux d'Adam Goslavius sont,
1. Une Réfutation de ce que
Bartholomew Kerckermann avait avancé, dans son "Système Théologique",
contre ceux qui confessent, que le Père de notre Seigneur Jésus Christ est le
seul Dieu d'Israël, et qu'il n'y a pas un autre Fils de Dieu, ou avant lui, qui
fut né de la Vierge Marie. Rakow, 1607, 8vo. Une seconde édition fut faite en
1613, 8vo. Rakow. Ces deux éditions ont été produites à partir de la presse de Sébastien
Sternacki. Bock remarque, que peu de personnes avaient vu soit l'une ou
l'autre de ces deux éditions, particulièrement la plus ancienne. Ce travail
rare, une copie duquel est maintenant mise devant le lecteur, est dédicacée au
sénat de Dantzic, où Kerkermann vivait. La dédicace suit une préface au lecteur.
Le corps du travail est en trois parties. La première partie, dans laquelle
l'auteur professe de réfuter les arguments, allégués par la raison et les
Ecritures en faveur de la Trinité, est divisée en cinq parties. Dans la seconde
partie, qui contient dix chapitres, l'auteur défend certaines objections sur la
doctrine de la Trinité, qui avaient été attaquées par Kerckermann. Dans la
troisième partie, qui est en dix chapitres, il traite sur le mot
"personne". Dans cette dernière partie, Jacques Martini, un Professeur
à l'université de Wittemberg, entreprit la réfutation, dans un livre intitulé,
"De tribua Elohim".
2. Un autre travail d'Adam Goslavius, encore plus
rare que le premier, est une discussion au sujet du mot "personne",
dans lequel l'écrivain se défendait, contre les attaques de Jacques Martini, qu'il
avait dites dans la troisième partie de son travail. Celui-ci fut aussi imprimé
par Sébastien
Sternacki à Rakow, 1620, 8vo, et pour preuve de son extrême rareté, il fut observé,
quand Lubieniecius qui n'était pas conscient d'avoir été édité, supposa que le
manuscrit avait été perdu, par la négligence d'un ami. Une remarque à cet effet
fut faite et répétée par Zeltner : mais elle provient d'une mauvaise
compréhension des paroles de Lubieniecius, qui fit allusion, de na pas être
traité sous considération, mais toujours pour un travail plus élaboré sur le
même sujet. Vogt, qui cite l'erreur de Zeltner, établit expressément, qu'il est
lui-même en possession d'une copie de la "Réfutation de Kerckermann,"
et la "Discussion sur le mot personne". (Catalogue. Historico-Crit.
Libr. Rarior. p. 313.) Ce qui suit sont les titres des autres travaux d'Adam Goslavius.
3. Une Réponse sur la défense du sermon sur la
Trinité de Pierre Skarga à Jacques Martini. Rakow, 1608. Polonais.
4. Une Réponse aux Métaphysiques Photiniennes d'André Kesler.
5. Philologie.
6. Dans l'année 1627, une
résolution fut passée, commissionnant Adam Goslavius d'écrire un
livre, "Sur les formes du gouvernement de l'Eglise" mais s'il prit
cette résolution, soit totalement ou en partie, est douteux. S'il entama un tel
travail, il est probable qu'il ne fit pas de grands progrès dans celui-ci, et
il est certain qu'il ne le porta jamais à une conclusion.
(Vidend. Sandii B. A. p. 108. Bock, Hist. Ant. T. I. pp.
404—113. Hist. Socin. Pruss. § vii. p. 16. Lubieniecii Hist. Ref. Polon.
L. iii. C. xv. pp. 273, 274. Zeltneri Hist. Crypto-Socin. Altorf. pp.
229— 231. 271. Vogt, Catal. Libr. Rar. 1. c.)