

David Francis, était connu parmi les crypto-sociniens d'Altorf
par le nom de Desiderius Erasmus, et il n'était pas un hongrois, comme Sandius et beaucoup d'autres écrivains le disent, mais
un transylvanien, d'origine saxonne. Le Révérend Théophile
Lindsey le caractérise comme "un homme de grande culture, d'un sens
admirable et d'une vie irréprochable". (Hist. View, Ch. iii. Sect. i. p.
154). Avant qu'il envisage l'étude pour le ministère chrétien, il prit la
connaissance requise des langues et en littérature générale, et bien qu'il
était jeune, ses progrès étaient tels et si peu fréquents qu'ils dépassaient
les demandes et les espoirs de ses instructeurs. Quand, après longtemps, il se
voua à l'étude de la théologie, ses acquis étaient si variés, qu'il devenait
bientôt un habile discutant, et sa force de langage était si grande, que ceux
qui l'écoutaient étaient frappés d'admiration et d'émerveillement par la
puissance d'éloquence qu'il déployait. Il fut nommé tuteur de Jean Sigismond II, fils de Jean
Zapolya, et petit fils de Sigismond Auguste,
Roi de Pologne, et acquit une grande influence auprès de ses élèves, lesquels,
à côté, le suivaient comme un guide pour d'autres matières, et adoptèrent et
s'intéressèrent à la diffusion de ses opinions religieuses.
Dans un premier temps David
supporta les idées des luthériens évangéliques, et pendant un temps il fut un
vif opposant à ceux qui adoptaient la confession helvétique. Ensuite, il se
dirigea vers le parti de l'Eglise Réformée: alors qu'il était emmené, par ses recherches,
dans une sorte de syncrétisme, après longtemps, il se convertit à la foi
unitarienne par Georges Blandrata.
Alors
qu'il était Recteur de l'école à Kolosvar, ou Clausenbourg, il réussit à
s'opposer à Stancaro, lequel était accusé
d'excitation perturbatrice parmi les églises réformées de Transylvanie. Par
quelques papiers, lesquels David publia contre
cet homme agité, il affaiblit aussi son influence, après la mort de ses
patrons, Petrovisi et Antony
Kendi, il perdit tous ses supporters, et ne trouvant aucun lieu de
refuge en Transylvanie, il se retira en Pologne. La question en discussion
était, dans quel sens le Christ est notre médiateur, si c'est dans sa nature
humaine et divine, ou dans sa nature humaine seulement ? David et les membres du synode de Kolosvar allaient généralement
vers la première proposition et Stancaro pour la dernière.
La controverse ci-dessus eut lieu dans les années
1557 et 1558. Mais ce ne fut pas la seule dans laquelle que David se distingua, car, après sa conversion à l'unitarisme,
il déploya un tel zèle et une érudition, en s'opposant aux trinitaires, comme
il avait déjà montré auparavant dans sa contestation avec Stancaro. Il devint
un ami proche de Blandrata, par la recommandation de celui-ci à Jean Sigismond
II, il fut nommé Prédicateur de la cour à Kolosvar, pour laquelle fonction il
déplaça Dionysius Alesius, le Ministre
luthérien. Il fut aussi nommé Superviseur des églises unitariennes de
Transylvanie, et le premier à tenir cette fonction.
David
et Blandrata, par leur travail commun, réussirent aussi loin que d'engager le
Prince, et la plus grande part de la Noblesse à leur cause, et gagnèrent la
plupart de toute la province à leurs sentiments, obtenant, pour les Ministres
et les membres de leur communion, le privilège de professer et de prêcher leurs
doctrines, sans problèmes ou entraves.
| Theses de Francis David. | Antitheses de Georges Blandrata. |
| 1. L'homme, Jésus de Nazareth, fils de Marie, l'épouse de Joseph, fut conçu et né de la semence de Joseph, de quelque manière que cela eut lieu. Nous croyons qu'il est le Messie promis par Dieu dans l'Ancien Testament. | 1. L'homme, Jésus de Nazareth, fut conçu dans le sein de la Vierge Marie, et né d'elle, le Saint Esprit provocant cette conception, sans l'intervention d'un homme, et bien qu'il ne soit en aucune manière conçu, ou né de la semence de Joseph, le mari de Marie, nous sommes néanmoins liés à croire, qu'il est le Messie, promis par Dieu dans le Nouveau Testament. |
| 2. L'homme, Jésus de Nazareth, qui est appelé Christ, ne parle pas par l'esprit prophétique, mais seulement par l'Esprit Saint, et bien qu'il était un ambassadeur de Dieu, pourtant les paroles qu'il prononça, au cours de son enseignement ne doivent pas être considérées comme venant de la bouche de Dieu lui-même. | 2. L'homme, Jésus de Nazareth, qui est appelé Christ, parla non seulement par l'esprit prophétique, mais par un esprit plus que prophétique, car il était l'image expresse de Dieu, et en lui habite toute la plénitude de la divinité, de sorte que, dans l'enseignement, il ne dit pas un seul mot, qui ne peut être considéré comme prononcé par Dieu lui-même, avec sa propre bouche. |
| 3. D'où il est, par conséquence, que ses paroles et celles de ses apôtres, doivent avoir une telle autorité, que si on s'oppose à elles, ou semble être opposées, dans les écrits de Moïse, ou les prophètes, cela doit soit être totalement rejeté, ou interprétés par eux, pour non seulement expliquer les paroles manifestement s'accordent avec la doctrine de Moïse et les prophètes, qui, sont les seuls, qui doivent être pour nous la règle des mœurs, la vie et le culte divin. | 3. D'où il est donc, que ses paroles et celles de ses apôtres, doivent être jugées que par le test de la loi mosaïque et les autres oracles prophétiques, et si une chose est trouvée, ou semble être trouvée, qui soit contraire à ces dernières, ou différentes d'elles, doit être rejetée ou ainsi interprétée, qu'il puisse être que l'Esprit provoqua cette conception, sans l'intervention de l'homme, et bien qu'il ne fut en aucune façon conçu ou né de la postérité de Joseph, le mari de Marie, nous sommes néanmoins tenus de croire, qu'il est le Messie promis par Dieu dans l'Ancien Testament. |
| 4. Car nous ne devons pas supposer, qu'il n'y a aucune différence que ce soit dans la doctrine, (surtout en ce qui concerne tant les manières,) ou dans les promesses divines, entre l'Ancienne Alliance établie par Moïse et la Nouvelle Alliance de Jésus-Christ: mais, à cet égard seulement, on peut dire qu'elles diffèrent, que dans l'Ancienne Alliance il y a le ministère de la lettre, mais dans la Nouvelle Alliance il y a celui de l'esprit: ainsi d'aucune façon il ne peut être dit, que l'ancienne est devenue obsolète, ou de n'importe quelle façon ancienne, mais confirmée. | 4. Puisque une si grande distinction doit être faite entre l'Ancienne Alliance établie par Moïse et la Nouvelle de Jésus-Christ, comme entre l'ombre du corps et le corps lui-même et les deux dans les doctrines, (même comme se rapporte aux manières), et dans les promesses divines, une différence remarquable doit être reconnue: ainsi que l'Ancienne étant remplacées, sauf dans la mesure où elle s'accorde avec la Nouvelle, nous devrions consentir à la Nouvelle, puisque la première n'a pas seulement été changée, mais est devenue totalement obsolète . |
| 5. Surtout puisque la Nouvelle Alliance exista que pendant une courte période, qui était, jusqu'à la destruction de Jérusalem, et après cela, elle n'a, ni aura lieu, mais en partie, jusqu'à ce que Jésus vienne de nouveau, et dans ce monde, dans la ville de Jérusalem elle-même restaurée, règne sur le peuple charnel de Jacob, comme les autres roi de la terre font, mais avec une parfaite justice et sainteté. | 5. Surtout puisque la Nouvelle Alliance est éternelle, et doit continuer jusqu'à la fin du monde, ni même n'a jamais cessée à aucun égard, ou même ne cessera jamais, jusqu'à ce que le Seigneur Jésus, à nouveau descende du ciel et vienne juger le vivant et la mort, et donnera à ceux, qui ont reçu et gardé son alliance, la récompense de la vie éternelle et céleste, mais infligera la punition de la mort éternelle à ceux, qui soit l'ont rejetée, ou bien après l'avoir reçue, ne l'ont pas gardée. |
| 6. Dans le même temps, Jésus est bien le Christ, ou le Roi du peuple de Dieu, mais par destination seulement, puisque c'est certain, des oracles de tous les prophètes, que le Christ promis par Dieu ne devait avoir aucun autre royaume qu'une terre, et comme cela a été mentionné au dessus. | 6. Dans le même temps, Jésus est vraiment le Christ, ou le Roi du peuple de Dieu, car le royaume du Christ promis par Dieu n'est pas terrestre, mais devait être céleste, comme Jésus lui-même et ses disciples ont montré, par leurs explications des oracles divins. |
| 7. Jésus a été envoyé par Dieu dans le monde, qu'il puisse à la fois prendre possession d'un royaume de ce genre: mais parce que les Juifs, à qui il avait été promis, et ce roi qu'il devait être, ne l'ont pas reçu, après qu'il a été tué par eux, contrairement à l'objectif de Dieu, que Dieu le retira d'eux, et l'emmena à un endroit, où il était en sécurité sous la protection de Dieu, car c'est par ce moyen qu'il s'est assis sur la main droite de Dieu dans les cieux. | 7. Mais pour que Jésus puisse en effet obtenir un royaume de ce genre, il était nécessaire, (Dieu a ainsi commandé et décrété), qu'il devrait subir la mort de la croix, pour lui être infligée, selon le dessein de Dieu, par les Juifs, pour lesquels il fut envoyé, après quoi, étant ressuscité par Dieu d'entre les morts, il fut élevé au ciel véritable d'en haut, restant en sécurité sous la protection de Dieu, car c'est de cette manière qu'il est assis à la droite de Dieu dans les cieux. |
| 8. Ainsi il attend là-bas, jusqu'à ce que tous ses ennemis lui soient soumis, qu'ainsi qu'il puisse avoir son royaume promis, et, dans le même temps, rester dans un état de repos. | 8. C'est pourquoi, ayant ainsi obtenu le royaume promis pour lui, il gouverne l'Eglise tout entière, et, dans le même temps, la puissance de Dieu lui étant communiquée, et Dieu lui-même d'ailleurs l'autorisant, il a loisir de soumettre ses ennemis pour lui-même, jusqu'à ce qu'enfin il ait conquis tous sauf une à savoir [la mort]. |
| 9. Il ne doit plus longtemps être appelé Dieu, comme peut-être quand il parlait dans ce monde, il pourrait l'être, en raison de sa fonction ; car cette fonction, comme nous l'avons dit, a cessé. | 9. Il peut à présent, cependant, avec la plus grande propriété être appelé Dieu, puisque, par la nomination de Dieu, il remplit une fonction de la plus haute dignité, et est investi de la plus haute puissance divine dans le ciel et sur la terre. |
| 10. Sur lequel compte ces personnes sont honteusement dans l'erreur, qui l'adorent maintenant absent, ce qui ne peut être fait sans lui rendre un hommage divin, puisque, même pas quand il était personnellement présent, il pouvait être adoré, autrement, que par une sorte d'hommage civil et humain, sans la plus grande offense contre Dieu lui-même. | 10. Sur quel compte, quoique maintenant absent, l'adoration religieuse doit lui être offerte, puisque avant qu'il reçoive son royaume, et pendant qu'il était encore sur terre, il fut à juste titre adoré avec plus qu'un hommage civil et humain. Ceux qui omettent de faire ainsi, offensent honteusement Dieu lui-même. |
| 11. C'est pourquoi, nous ne pouvons ni devons le servir, ou lui offrir la révérence, par tout autre manière qu'en lui obéissant et en gardant ses préceptes: - | 11. C'est pourquoi, nous sommes aussi liés à la fois pour le servir et l'adorer, tel que l'établit notre Seigneur et Dieu, par le Dieu suprême, et comme pour régner plus pleinement sur nous: - |
| 12. Ni de se confier à lui, sauf dans la mesure que nous croyons que ce qu'il nous a dit est vrai, et entretenir une attente confiante, que nous recevrons ce qu'il nous a promis au nom de Dieu. | 12. Et aussi de placer notre espoir et notre confiance en lui, comme en un, lequel, avec l'approbation de Dieu, vraiment était mis avant nous, notre bon chef. |
| 13. Mais pour l'invoquer, implorer son aide et assistance dans tous nos besoins, est de même que quelqu'un doit implorer Marie et d'autres saints morts qui n'ont jamais donné la moindre preuve de leur capacité d'entendre nos prières ou d'accorder nos demandes. | 13. Mais de l'invoquer, et implorer son aide pour nos besoins est de même que quelqu'un doit implorer Dieu lui-même, car il est certain qu'au nom de Dieu il peut entendre nos prières et accorder toutes les choses qui nous soient nécessaires. |
| 14. Nous pouvons également faire appel à lui, de prier Dieu pour nous, ou obtenir quelque chose pour nous de Dieu, et pourtant si bien que, par ces modes d'expression, nous à Dieu, car il n'occupe plus la fonction de médiateur entre Dieu et nous. Quant à ce qui est écrit, qu'il intercède toujours pour nous, cela signifie seulement, que les prières qu'il offrit à Dieu alors qu'il était ici, au nom de tous ceux qui avaient foi en lui, sont aujourd'hui encore efficaces dans l'idée de Dieu lui-même. | 14. Mais nous ne pouvons faire appel à lui, pas plus qu'aux saints morts susmentionnés, de prier Dieu pour nous, ou pour obtenir quelque chose, car nous reconnaissons devant Dieu, que toute la puissance pour nous aider qu'il possède, n'est pas de lui-même, mais de Dieu, puisque dans ce sens, l'Écriture dit, que le Christ intercède maintenant pour nous devant Dieu. Car il est maintenant, dans le ciel, un médiateur entre Dieu et nous, dans un sens beaucoup plus excellent que lorsqu'il était sur terre. Sur terre, il nous a annoncé la bonté de Dieu, et vraiment pria pour nous, mais dans les cieux il mit en vigueur pour nous la bonté de Dieu, et toutes les bénédictions qui sont issues de Dieu à son Eglise, sont données par lui. |
| 15. Son sacerdoce par ailleurs, si jamais il était prêtre, est venu à sa fin, quand il expira sur la croix, et son sacrifice, qui ne peut nous être profitable, d'une toute autre manière, compte tenu de l'efficacité de ce sacrifice, bien que déjà passé, dure à jamais: c'est pourquoi, son sacerdoce est dit pour être éternel, et il est dit qu'il est un prêtre pour toujours, et c'est peut-être écrit quelque part, qu'il expie toujours nos péchés. | 15. Son sacerdoce est d'ailleurs éternel, et il était vraiment investi avec lui, quand, après la mort à la croix, il entra dans le saint des saints et est apparu dans la présence de Dieu pour nous, où le sacrifice qu'il fit de lui-même pour Dieu, non seulement par son efficacité, comme une chose qui est passée, mais surtout en vertu de lui comme l'offrant, qui est rentable pour nous, pour autant que, par cette offrande, il a obtenu le pouvoir suprême, en raison que c'est le plus clairement affirmé dans les Ecritures, qu'il expie toujours nos péchés, et sans cesse et sans interruption nous délivre de la punition de nos péchés. |
| 16. Par conséquent, Jésus-Christ ayant quitté ce monde, pour passer une vie de repos tranquille, nous devrions croire ou nous tourner vers lui, que nous ne sommes pas maintenant assistés par lui, ou son influence auprès de Dieu, davantage que tant qu'il était parmi nous , il nous fit voir le chemin du salut, et nous a appris comment nous approcher de Dieu, jusqu'au moment, quand il environ il recevra un royaume, il nous reviendra, et deviendra véritablement le Christ de Dieu, et sera personnellement présent dans ce monde, nous nourrira et nous soutiendra par la puissance de Dieu. Dans le même temps, laissez-nous toujours aller vers Dieu seulement, ne faisant pas confiance dans la puissance du Christ, ou en sa présence et son aide. |
16. Par
conséquent,
vu que nous avons un tel Haut Prêtre, dans le ciel, établi sur la maison de Dieu, qui, vivant pour
toujours, peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, confiant dans sa puissance et sa présence,
ne cessons pas d'offrir nos prières à Dieu notre Père, par lui, jusqu'à ce que venant du ciel, il doit transformer nos corps vils, et les rendre semblables à son propre corps glorieux, par ce pouvoir, par lequel celui qui est maintenant vraiment le Christ,
peut s'assujettir
toutes choses à lui-même. |
"Ce papier", explique le Dr Toulmin, (Mém. de F. Socin, p. 463), "montre la
grande différence entre Socin [car il était sans aucun doute établi par lui] et
Francis David dans les sentiments qu'ils
nourrissaient pour la
personnalité de Christ, et la doctrine chrétienne. La plupart des personnes
seront disposées à envisager ceux de Francis David
comme dérogatoires à la gloire et l'excellence de l'Evangile, et en tant que
porteur d'une plus grande ressemblance avec le judaïsme que pour le
christianisme. C'est pourquoi lui et ses disciples ont été appelés des semi-judaïsants. Mosheim semble considérer ce nom comme une simple
appellation infamante, donné par les sociniens d'un esprit de rancœur, et avec en
vue de les rendre odieux: mais je crains que le lecteur soit prêt à conclure,
des thèses qui précèdent, que c'était vraiment fondé sur leurs sentiments et l'expression
de la préférence partielle qu'ils ont donnés à la loi de Moïse au-dessus de l'évangile
du Christ. Il est certain que l'invocation du Christ ne fut pas le seul point
de différence entre eux et les sociniens, mais toutes les idées de ces deux
sectes, concernant la dignité réelle du Christ, et la perfection de sa religion,
étaient totalement opposées les unes aux autres, il semble que les premiers
avaient recours à des notions particulières sur celles-ci, afin d'échapper à la force des arguments de Socin pour
l'adorer, de la haute confiance, la puissance énorme et la domination dont il
était investi par Dieu. Les unitariens modernes, qui refusaient le culte du
Christ, étaient loin de participer aux notions de sa fonction si dérogatoire pour sa dignité, ce qui
évidemment prive ses disciples de la consolation qui découle de la
contemplation de sa personne, et qui tend à affaiblir le poids et l'autorité de
ses préceptes. Bien qu'avec Socin, ils croient que notre Seigneur désormais ne soutient plus la fonction de Haut
Prête pour nous au ciel, faisant son ministère pour Dieu, et agissant pour
nous, et qu'il accomplit une position de grande puissance et dignité, et
pourtant ils ne voient pas la force de ces conclusions, qu'il tira de ces
sentiments, pour revendiquer le culte du Christ". Biandrata, Socin, et le reste de leur
parti, craignant d'être accusés de tenir les mêmes opinions que David, soumirent toute la discussion au Prince de
Transylvanie, qui ordonna que David soit jeté en prison. "Il aurait été heureux",
affirme M. Lindsey, (Voir Hist., chap III, p. 159-164,..) "Si Biandrata
avait souffert des choses pour lui pour y être allé, et laissé les Ministres
régler le point en question entre
eux et avec leurs congrégations respectives, sans se nuire davantage, ou en
faisant appel au pouvoir séculier, comme cela a été fait par la suite. Dans ce
cas, il pourrait bien être dit, que le sentiment de David
aurait prévalu, et que le culte
du Christ, ou toute autre personne, sauf le Dieu et Père de tous, aurait été
entièrement exclus de leurs églises. Car, après tout, Socin lui-même nous dit,
qu'il n'a pas satisfait Biandrata, ni les unitariens de Transylvanie, ni ses frères polonais, et qu'il se
tenait sur un terrain solide dans cette controverse, car il avoua, qu'il n'y a
aucune demande expresse dans les Ecritures pour l'invocation du Christ: de
sorte qu'ils ne consentiraient jamais à imprimer son propre compte de celui-ci,
et il ajoute, qu'en dernier il y
est venu par l'encouragement et aux frais d'un ami particulier. Et d'ailleurs,
alors que le différend était en cours, ou peu après, lors d'une assemblée privée certains des
Ministres de Transylvanie, il y eut un accord général pour désapprouver la
coutume de prier le Christ et sont venus à certaines résolutions contre elle, 'Christi
invocationi plane adversantia', dit Socin. Il fut amené pour l'accusation
de David, qu'il avait violé sa parole, en
prenant une part principale dans
les résolutions de cette assemblée, cette accusation fut portée contre lui
après sa mort, et ne pouvant pas se défendre, nous ne pouvons pas déterminer
dans quelle mesure ou bien s'il était en tout blâmable, et nous trouvons que ses
amis le justifié entièrement. Quant à ce que Socin exhorta le plus contre lui,
à savoir, qu'après avoir été averti de ne pas propager sa doctrine impie, (comme
il l'appelle, mais sûrement d'une manière trop dogmatique et impérieuse), David, au contraire et malgré, le lendemain même étant
un dimanche, prêcha dans la grande église au peuple, leur disant avec beaucoup de
mots, qu'il y avait autant de bases pour prier la Vierge Marie et les autres
saints morts, que pour Jésus-Christ: il semble n'avoir été en rien répréhensible pour cela. Qui avait une
quelconque autorité à le restreindre ou à le limiter, dans les instructions
qu'il avait à livrer des Ecritures à la congrégation ? Il peut avoir été en son
devoir, et ainsi l'estima, de porter son témoignage de cette manière publiquement,
pour une si importante doctrine, comme celle pour laquelle il disait être
l'objet unique et véritable du culte divin. A la fin, cependant, quand David ne pouvait pas réussir à essayer une abrogation
de ces résolutions faites par
lui-même et d'autres Ministres, qui condamnèrent le culte du Christ, ni il promettait
de dissimuler ou nier ses sentiments (ce qui était beaucoup plus à son honneur,
comme il était même assumé par Socin et Biandrata de le mettre sur ceux-ci), le
pouvoir civil s'interposa , le plus
probablement à l'instigation de ce dernier, et trois jours qu'après que David
prêcha le discours ci-dessus, le sénat de Kolosvar reçut des ordres du Prince,
pour lui enlever sa fonction d'enseignant public et le mettre en prison".
La procédure
engagée contre lui fut de
nature très sommaire. Un synode fut
convoqué,
et à cette
assemblée, composée de Nobles et de Pasteurs, il avait la possibilité d'acquitter ou
condamner David, ou réussir à ce qu'il abjure. Etant
introduit en présence de ses juges, on lui demanda s'il était l'auteur des propositions qui lui étaient attribuées, ce qu'il, non seulement,
rapporta pour être les siennes, mais lesquelles lui sont également attribuées par ceux qui avaient été ses plus intimes amis, et il répondit qu'il enseignait les mêmes choses que les autres, qui maintenant jettaient le blâme contre lui. Son beau-fils, Lucas, Notaire de Kolosvar et Dragetta Sandor, dont les opinions
religieuses coïncident avec les siennes, et qui également partagea son emprisonnement, affirmait la même chose. Mais il fut déclaré coupable et trois jours après envoyé à Deva, où en trois, selon Haner, comme noté par Lampe, (p. 304), il mourut en état de frénésie, le 6 Juin 1579.
Un autre compte rendu dit que la mort de David n'a pas eu lieu, avant le 15 novembre, et représente la querelle entre lui et Biandrata comme ayant
son origine, non pour une réelle différence d'opinion religieuse, mais dans un esprit de vengeance, qui est dit pour être le péché mignon des Italiens, ("Italorum maximum vitium"),
et a donc été désigné avec insistance, "Peccatum Italicum". Dégoûté de sa duplicité,
il est dit que David déclina davantage de relation avec Biandrata, et prit des mesures pour détruire son influence dans le corps unitarien, qui, naturellement, lui attira le ressentiment du médecin rusé, et ouvrit la voie à ces procédures, lesquelles se finirent avec sa propre mort.
Il
fut pensé, en effet, que c'était l'honnêteté de David,
et non pas son hérésie, qui le rendit un objet, d'abord d'aversion, puis de
persécution, et que Biandrata, le trouvant pas disposés à faire taire ses
convictions sur un sujet, qui semblait pouvoir
être susceptible d'entraver les progrès de vues unitariennes, en
dissuadant les orthodoxes de les embrasser, ou même de les approcher avec un
esprit candide de recherche, décida de le faire taire, par la main forte du
pouvoir civil. Mosheim nous dit,
que "la petite secte" à laquelle appartenait David
"est marquée par les écrivains sociniens, de l'appellation infamante de
semi-judaïsants", joint, par voie de note, aux remarques suivantes, qui
peut être considérées par certains pour
donner une clé de la conduite du parti socinien, non seulement sur ce point,
mais pour certaines autres occasions, à une période ultérieure de leur
histoire. "Faust Socin écrivit un traité particulier contre les semi-judaïsants,
qui est publié dans le second volume de ses œuvres, p. 804. Il est, cependant,
digne d'être observé, que le motif, qui engagea Socin et ses amis à employer
tant de peine et de travail dans la suppression de cette faction, n'était pas une
persuasion de tendance pernicieuse pour ses doctrines, ou pour des notions
particulières. Au contraire, Socin lui-même reconnut expressément que cette
controverse tournait autour des questions de peu d'importance, en déclarant
pour être son opinion, que la prière, ou l'offrande du culte divin au Christ,
n'est pas nécessaire au salut. Nous trouvons aussi Lubieniecius, dans son "Histor.
Reformater. Polonicae, lib. iii. cap. xi. p. 228", parler assez légèrement
de cette controverse, et la
représente comme une question du moment, d'où il dit qu'en Transylvanie, il y a
eu une tempête dans une tasse de thé pour tout cela, donc, il apparaît
manifestement que Socin et ses disciples ont été plus astucieux qu'ingénieux dans leurs procédures à
l'égard de David. Ils le persécutèrent et ses
disciples, de peur qu'en tolérant sa doctrine, ils devaient augmenter l'odieux
qu'ils prévoyaient déjà, et attirer sur eux à nouveau le ressentiment des
autres églises chrétiennes, tandis que, dans leur
jugement privé, ils considéraient cette doctrine et ceux qui l'enseignaient dignes
de tolérance et d'indulgence". (Instit. H. E. Saec. xvi. Sect. iii. P. ii.
C. iv. § xxiii. Not. m. p. 723.) Quelle partie Faust Socin prit ou ne prit pas,
dans la procédure contre Francis David, nous fournira
la matière pour un examen futur.
Dans le même temps, on peut remarquer que s'il ne considérait pas que "la
prière, ou l'offrande du culte divin au Christ" comme "nécessaire au
salut", il pouvait toujours considérer la différence entre ses propres
vues et celles de David, sur cette question et d'autres sujets
connexes, comme n'étant ni rares ni sans importance. D'ailleurs, quand Lubieniecius
s'exprimait comme il le fit, sur la controverse en Transylvanie, il peut être
présumé, qu'il ne veut pas dire de la caractériser comme inutile, ou sans
importance en soi, mais qu'il la considère comme ayant acquis un degré indu d'importance,
par la manière qu'elle fut poursuivie, et les conséquences qu'elle amena.
Dans l'année 1569, David et Biandrata publièrent
conjointement,
"Une réfutation d'un écrit de George Major, dans lequel il s'efforça de prouver que Dieu est trois en personne, et un en essence". Ce travail est censé, par Sandius, pour avoir été imprimé à Wissembourg,
mais bien que le
nom de David figure en premier dans la page du titre, mais Biandrata semble en avoir été l'auteur principal. L'année suivante, David publia, au même endroit,
"Lettres aux églises polonaises, sur la question concernant le
règne du Christ de mille ans sur terre." Un autre travail, en versés latins, lui fut attribué, portant l'inscription, "Dehortatio et Descriptio Dei tripersonati". Il n'a pas de titre propre, ou un titre de page, et quelques-unes des allusions sur la doctrine de la Trinité qu'il contient, sont telles qu'elles ne donnent pas de crédit, soit de la candeur, ou du goût de l'auteur, quel qu'ils aient pu êtres. Sandius ne fait aucune allusion à ce poème, dans son compte de David, mais Bock a été conduit, par ce qu'il estimait être des preuves
concluantes internes, à lui attribuer. Les autres écrits de David se composent
principalement de divers papiers, dans la controverse avec Faust Socin et Biandrata, et sont comme suit.
1. Quatre propositions, adressées à F. Socin, sur la non-invocation du Christ dans la prière. A ces Socin F. opposa son "Responsio ad Theses IV. Franc. David".
2. Une
réfutation de la
réponse de Faust. Dans cette "Réfutation" David s'hasarde à supposer
que le
mot "
, Actes VII. 59, n'est pas dans le vocatif, mais le génitif, comme si Etienne avait eu l'intention d'invoquer, et non pas Jésus lui-même, mais le Père de Jésus. Ce mode d'interprétation a été récemment préconisé par M. Herman Heinfetter dans un petit pamphlet, intitulé "
, leur utilisation et sens dans les Saintes Écritures. Londres, 1847, Cradock et Co." 12mo. (Vide Christian Reformer, N.S. Vol. IV. Septembre 1848, pp 557. 691).
3. Une défense de Francis
David, destinée à montrer que Jésus-Christ ne doit pas être invoqué dans la prière. Cela semble avoir été la production
conjointe de Jacques Paléologue, Matthias Glirius
et Francis David, et a été publiée en 8 vo, 1580, et à Bâle, 1581.
4.
Certaines questions, et une réponse pour elles de Faust Socin. Ces questions
sont insérées dans les travaux collectés
de Faust Socin.
5.
Un traité, en trois chapitres, sur la dualité ; auquel il est annexé un second
traité, essayant de prouver que le Dieu Unique d'Israël seulement, le Père de
Jésus Christ, et pas un autre, doit être invoqué, et contenant soixante thèses
proposées dans le synode général de Thorda, le 26 avril 1579. Un troisième
traité est aussi ajouté, contenant des observations sur les neuf thèses of Georges Blandrata.
6. Trois
propositions,
auxquelles
Biandrata oppose
Trente.
7. Une réponse
à Biandrata de trente
propositions, dans laquelle il est affirmé que Jésus-Christ ne peut désormais
être appelé Dieu, que Jésus ne peut être invoqué dans la prière,
et que la
justification et la prédestination n'ont pas été bien comprises par Luther et Calvin : avec quelques remarques sur le Royaume de ce Messie, dont
les prophètes avaient prédit, et qui était Jésus-Christ.1578. Au précédent, il peut être ajouté,
8. Une
confession sur la
Trinité présentée au synode de
Waradein, en 1569, avec neuf articles. Dans cette confession
Jésus-Christ est reconnu comme un objet d'adoration et de culte (Lampe, Hist. Eccles. Ref. in Hung. et Transylv.
L. ii. Anno 1569, p. 227): Mais il faut se souvenir, qu'elle fut établie dix ans avant la mort de François David.